Dakar Bondy Blog Dakar Bondy Blog Neuilly Bondy Blog Lausanne Bondy Blog Business Bondy Blog Bondy Blog Lyon Bondy Blog Marseille Bondy Blog

RUBRIQUE :

Le discours du 26 juillet ne passe toujours pas

Jeudi 08/05/2008 | Posté par Hady Cissé

Des écrivains et universitaires africains répondent, avec la publication d'un livre, au discours prononcé par Nicolas Sarkozy, le président français, le 26 juillet dernier à Dakar

C’est comme à la guerre. Œil pour œil, dent pour dent. Telle semble être la stratégie d’un groupe d’universitaires et écrivains africains sur le discours de Nicolas Sarkozy prononcé le 26 juillet 2007 à Dakar. Huit mois après, dans le même endroit, l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), les auteurs de l’ouvrage ‘’ L’Afrique répond à Sarkozy’’, ont tenu une conférence pour exposer leur travail. Si le décor n’était pas le même, les six écrivains parmi les 22 ont présenté le livre réponse en présence de la cible du Président Français : la jeunesse africaine. 

L’amphithéâtre plein à craquer du 26 juillet 2007, où les diplomates, les ministres se bousculaient pour écouter le discours de Sarkozy, n’a été le même engouement jeudi. Seul l’ambassadeur du Congo dans la capitale sénégalais, Valentin Olessongo a fait le déplacement. Les quelques minutes de retard du début de la conférence n’ont pas découragé les nombreux étudiants à attendre la communication. Habillé en boubou traditionnel jaune, Makhily Gassama, le coordonnateur de l’ouvrage, malgré le débit de la voix un peu faible a pris le premier la parole pour s’adresser au public. L’ancien fonctionnaire de l’Unesco à la retraite et spécialiste de la littérature africaine, a présenté leur travail comme une œuvre qui a pour objectif de combattre les « préjugés » sur l’Afrique. «  Cet ouvrage collectif n’est ni une œuvre d’amour, ni une œuvre de haine. Ce que nous combattons, c’est les préjugés », a-t-il déclaré. 

Les lunettes accrochées au nez, l’ancien ministre de la Culture sous le magistère du président Abdou Diouf après quelques éclairages sur la genèse du livre, a exposé leurs motivations. « Nous assistons à l’afro-pessimisme. Si nous sommes considérés comme des grands enfants à l’heure de la mondialisation, c’est notre faute », a-t-il indiqué. Selon lui, le livre réponse à Nicolas Sarkozy est motivé par le rang qu’occupe celui qui a parlé : le Président d’un grand pays : la France.

« Un chef d’Etat d’un pays n’est pas petit. Quand son président parle, c’est le pays qui parle », a expliqué Makhily Gassama. Pour lui, chaque contribution montre qu’ils n’ont pas écrit pour les archives. Sur la même veine, un autre universitaire sénégalais, Ibrahima Sall de préciser leur engagement à produire un livre. « Nous avons répondu parce que, c’est un Président de la République française. Un pays des valeurs universelles’’, a ajouté l’économiste et ancien ministre sénégalais.

« Le discours de Sarkozy a été un échec politique. C’est un discours choquants », a souligné M.Sall avant de donner la parole à un de ces colloques. Plus connu dans le milieu universitaire sous le nom de Bouba, le Professeur de civilisations anciennes pense que le discours de Dakar est un ‘’patchwork ‘’. Moment émouvant de la présentation de l’Afrique répond à Sarkozy, la prise de parole de la femme Cheikh Anta Diop. Elle aussi a pris la plume pour répondre à son compatriote.

.La chevelure blanche, de grosses lunettes, Louise Marie Maes Diop a été l’attraction pour les étudiants. Inconnue au Sénégal, la femme de l’égyptologue et parrain de l’Université de Dakar de déclarer : « le discours de Dakar a égrené des propos inadmissibles ». Ces propos déclenchent les applaudissements des étudiants qui trouvent en elle l’engagement de leur parrain. «  Le discours à l’UCAD est un camouflet. Le texte ressemble à celui qui l’a lu. C’est un discours nul », précise Adama Diop Sow. L’ancienne lauréate du concours général en 1971 en latin, grec de déplorer le mépris du Président Français. Nicolas Sarkozy est passé, les écrivains et universitaires ont répondu. La balle est maintenant dans le camp des étudiants. Qui a raison ?

Hady Cissé

 

 

 

 

Hady Cissé -