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Le drame de la petite Aicha
Mardi 29/09/2009 | Posté par Papa Keita
A six ans, Aïcha Diakhaté connaît déjà l’épreuve du feu. Prise au piège entre un matelas, une porte et du linge en feu, elle se retrouve avec des brûlures au deuxième et troisième degré sur 40 % de la surface de son corps. Après quatre mois de soins à l’Hôpital Principal de Dakar, elle est retournée chez ses parents qui sont à la recherche de soixante et un millions, le montant d’une chirurgie réparatrice en France. Ce qui motive l’appel du couple Diakhaté aux bonnes volontés, car toutes les portes de solidarité auxquelles le père de Aïcha a frappées sont restées fermées
Ames sensibles et coeurs fragiles, s’abstenir, les images sont choquantes et révoltantes. Il faut de la force pour regarder ces photos qu’exhibe un père de famille tourmenté. Du nom de Moussa Diakhaté, ce père de famille, depuis le mois de mars dernier, cherche de l’aide pour soigner sa fillette victime du feu. Elle s’appelle Aïcha Diakhaté et n’a que six ans. Une fillette au corps meurtri par le feu. C’est à se demander même comment la fillette brûlée au 3ème degré, résiste à la douleur.
Assise sur un matelas dans le salon de leur appartement à Derklé, Aïcha Diakhaté, qui tourne le dos aux visiteurs ne montre rien qui la différencie des autres filles de son âge, à première vue. Mais dès qu’elle se retourne pour regarder les personnes qui viennent d’entrer dans le salon, on manque de s’étouffer. Son visage a été ravagé, en partie par le feu et la paupière inférieure de son œil droit tire vers le bas. Sa bouche, complètement déformée, et sa joue droite qui a subi une greffe donne plus l’impression d’une peau qui a reçu un fer à repasser, chaud. Le feu a aussi ravagé ses deux mains, au point qu’elle se retrouve avec des doigts courbés dont elle ne peut plus se servir. Sur les cuisses, les plaies se sont cicatrisées, mais les séquelles restent indélébiles.
Pourtant la petite fille habillée d’une robe blanche, ne semble pas trop affectée par ses brûlures. Sa mère explique : «C’est le cas pourtant. Elle souffre beaucoup dans sa chair, mais elle a peur de retourner à l’hôpital. C’est pour cela qu’elle répond souvent «non» quand on lui demande si elle a mal.» Son père Moussa Diakhaté renchérit : «Elle ne dort pas. Surtout dans la journée. Elle ne supporte pas la chaleur. C’est pourquoi nous avons orienté le ventilateur sur elle. Elle se gratte tout le temps. Et elle ne mange presque pas sauf du Corned beef. Et elle ne boit que du lait. Et si c’est du lait chaud, elle ne le boit pas. Elle est très traumatisée par ce qui lui est arrivé.»
La nuit quand, il y a coupure d’électricité, ses parents se relaient à son chevet avec un éventail à la main. «C’est très dur» confie la mère. «Mais nous ne pouvons pas faire autrement. A l’Hôpital Principal, où elle a été hospitalisée pendant quatre mois, on nous interdisait d’éteindre la climatisation pour lui permettre d’avoir toujours cette sensation de fraîcheur», poursuit notre interlocutrice. Mais voilà, aujourd’hui Aïcha est revenue chez ses parents où il n’y a pas ce «confort».
Malgré l’atrocité de ses douleurs, Aïcha se veut ambitieuse. Elle se prête volontiers, à l’objectif de notre photographe, car elle rêve de devenir «mannequin. D’aller à l’école, mais aussi de commercer à jeûner quand je serai guérie», confesse-t-elle, tout en se réfugiant sur les genoux de son père. Elle réclame un jouet que lui avait promis ce dernier, mais qu’il n’a pu acheter faute d’argent. Cela ne démonte pas la petite fille qui va attendre la prochaine fois.
UNE FACTURE DE 61 MILLIONS
Tout est arrivé le 12 mars 2009, au domicile familial. Aïcha Diakhaté, petite fille de six ans, jouait au balcon où le pire l’attendait. De l’encensoir placé devant la porte de la chambre à coucher de ses parents qui donne sur le balcon, ont échappé des étincelles, vers un matelas qui était posé à même le sol. C’est le feu. Qui s’est propagé sur la porte et les habits sur le sèche-linge. Piégée par le feu, la petite Aïcha s’est mise à crier, tout en cherchant à se protéger avec ses mains qui ont été sérieusement touchées de même que le visage. Se sont ses cris de détresse qui ont ameuté les voisins qui ont été les premiers à accourir sur les lieux.
En effet, sa mère qui était dans la cuisine, n’a rien vu ni entendu. Tout s’est passé très vite. Aïcha passera quatre mois à l’Hôpital Principal de Dakar. Et malgré les soins qu’elle a reçus, son état actuel nécessite une évacuation en France pour une chirurgie réparatrice, à l’hôpital Saint Joseph Saint Luc de Lyon qui leur a fait un devis détaillé d’un montant global de 93 280 euros soit 61 millions 187 mille 669 francs Cfa pour le traitement. Soit deux interventions chirurgicales et six mois d’internement dans un centre spécialisé de rééducation.
En effet, pour avoir une vie normale et retrouver toute l’innocence de son visage, la petite Aïcha doit subir deux interventions et faire deux à trois mois de rééducation dans une clinique. Ce qui a poussé son père à frapper à plusieurs portes, dans l’espoir de trouver un quelconque soutien pour sa fille. Pas une mince affaire. «J’ai été humilié dans certaines radios et télévisions, alors que je voulais seulement qu’ils m’aident à montrer les images de ma fille et ainsi avoir un peu d’aide. On m’a fait valser parfois pendant des heures», raconte Moussa Diakhaté, sur un ton désolé. «J’ai écrit des lettres au ministère de la Solidarité, au ministère de la Santé. J’ai même sollicité la fondation Education santé, mais là, le chargé de la communication, M. Mbaye Diouf ne prend même plus mes appels», poursuit notre interlocuteur. Et son calvaire n’est pas fini. «Une fois à l’hôpital, j’ai dû payer 1 000 francs pour avoir un laissez-passer afin de voir ma fille. A l’hôpital Le Dantec, une personne m’a demandé de lui refiler 35 000 francs Cfa pour que le dossier médical de ma fille puisse passer auprès du médecin afin qu’elle y soit opérée. Mais je ne veux pas prendre le risque, parce que le plateau médical du Sénégal n’est pas assez outillé pour ça et je ne veux pas prendre de risque inutile.»
M. Diakhaté ne s’est pas arrêté là. Il dit avoir aussi écrit au maire de Dakar, Khalifa Sall, mais là, on lui a demandé de chercher un certificat d’indigence au niveau de la sous-préfecture de Grand-Dakar. En plus d’une «lettre d’un médecin qui montre que ma fille doit aller se faire soigner à l’extérieur et que ce médecin prenne ses responsabilités si jamais il arrive quelque chose à ma fille. Mais qui acceptera de faire ça ? Personne !», s’indigne-t-il.
APPEL AU SECOURS
Le dossier médical d’Aïcha Diakhaté délivré par l’hôpital Principal, fait état d’une brûlure thermique grave de 40% de la surface corporelle. Une brûlure profonde, au deuxième degré aux membres supérieurs et inférieurs et troisième degré au visage. Le résumé médical parle de tuméfaction diffuse du visage avec brûlure estimée à 40°. En outre, presque tous les éléments de son visage sont brûlés au troisième de gré : le pourtour des lèvres, le front, la région latérale droite ainsi que l’oreille droite, la région mandibulaire, les paupières supérieures et inférieures de l’œil droit. Il y a aussi la brûlure de la paupière inférieure de l’œil gauche, mais avec les globes oculaires intacts. Brûlure au deuxième degré profond des membres supérieures, du membre inférieur droit, du membre inférieur jusqu’au genou.
Trop ! Trop pour cette petite fille de Moussa Diakhaté qui est un professeur de couture dans une école, appartenant à un de ses oncles. Cet homme qui a du mal à joindre parfois les deux bouts se retrouve seul avec les brûlures de sa fille. «J’ai dépensé énormément d’argent pour que ma fille guérisse. Je n’ai absolument plus rien et je ne saurais évaluer la somme que j’ai dépensée durant sa période d’hospitalisation et personne ne m’a donné un franc. Aujourd’hui, nous cherchons de l’aide pour que ma fille puisse reprendre une vie normale et aller à l’école.»
Au moment où son père lançait cet appel, la petite Aïcha qui était retournée dans le salon après la prise de photos, éclate d’un rire joyeux. Elle jouait avec son oncle…
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Par Anonyme