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Le Ghana gagne en maturité
Mercredi 07/01/2009 | Posté par Papa Keita
Le Ghana a réussi son pari d’organiser des élections libres et démocratiques permettant une alternance apaisée. Une situation inhabituelle en Afrique en proie généralement à des violences au lendemain des scrutins. Un nouveau souffle sera-t-il impulsé par le Ghana
Qui pouvait encore y croire ? Une élection sans tiraillements, sans contestations, sans effusion de sang sur le continent africain, en proie ces derniers temps à des violences postélectorales, souvent meurtrières. Eh bien, le Ghana l’a réussi de très fort belle manière en organisant un scrutin à deux tours dans le calme et dans la transparence. Qui a fait mieux ? Pas beaucoup de pays. Le Zimbabwe, le Kenya, ont connu des lendemains de vote cauchemardesques entre le camp de l’opposition et celui du pouvoir qui n’ont pas pu s’accorder sur les termes du jeu politique. A l’opposé de toutes ces scènes de chaos et de tragédie, de confiscation de la volonté populaire, les acteurs politiques ghanéens ont apporté, par leur comportement exemplaire, un cinglant démenti aux sceptiques qui prévoyaient déjà l’explosion du thermomètre social à l’annonce de la victoire de l’un des deux camps.
A la base de cette prouesse, deux hommes qui symbolisent l’archétype du nouveau leadership africain. John Atta-Mills, juriste de formation, le "prof" comme l’appelle affectueusement ses intimes, a tenté à plusieurs reprises de briguer les suffrages de ses concitoyens, successivement en 2000 et 2004, sans succès. C’est finalement en 2008 que la chance lui sourit. Il est à la tête du Congrès National Démocratique (NDC), le parti de l’ancien président Jerry Rawlings, et l’emporte avec 50% des voix. Son rival Nana Akufo-Addo candidat du Nouveau Parti Patriotique (NPP), parti au pouvoir depuis huit ans, a aussitôt reconnu sa défaite, stoppant de facto toutes possibilités de contestation. Tout ceci au terme d’une campagne électorale presque à l’américaine où le débat de programmes et d’idées a pris le dessus sur les invectives, les procès en sorcelleries et les mots blessants entre les différents protagonistes comme on en entend trop souvent dans le marigot politique africain.
Le mérite de cette élection revient aussi sans conteste au Président sortant John Kufuor, une figure de proue dans la sous région et sur le continent. Il n’a pas commis l’imprudence et la maladresse de s’entourer, à l’approche de la fin de son mandat, de couturiers institutionnels capables de lui tailler une constitution sur mesure lui permettant d’instaurer une présidence à vie. Une mode très en vogue actuellement…, une kyrielle de dirigeants n’envisageant pas une vie en dehors de la sphère présidentielle avec souvent pour seul argument : « Moi, ou le chaos ».
La tâche s’annonce néanmoins difficile pour le "professeur" même si le pays possède des potentialités qui sont ses principaux atouts. Pétrole, or et minerais sont susceptibles de faire du pays des "Black Stars", un dragon en Afrique de l’Ouest en dépit des tares relatives à la corruption, aux tensions ethniques et aux réflexes identitaires qui dynamitent l’entente entre les peuples. La Côte d’Ivoire voisine et le Congo, qui iront certainement aux élections dans le courant de l’année 2009, devront sans aucun doute s’inspirer de la maturité ghanéenne qui fait désormais école en Afrique.
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Réactions des internautes
Jeudi 8 Janvier 2009, 05:04
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C'est en effet un exemple très rare et il doit être répercuté, malheureusement, l'atualité au Proche-Orient a pas mal occulté cette victoire sur la démocratie.Une vraie leçon de démocratie infligée non seulement au reste du continent africain où on ne compte plus les guerres meurtrières inter-ethniques comme celle qui se déroule actuellement dans la quasi-indifférence en RDC; mais aussi une leçon pour nos démocraties occidentales où les candidats sont plus motivés par le pouvoir, en crachant sur les adversaires, que par l'intérêt des citoyens.
Cette victoire démocratique, avec un président sortant reconnaissant sportivement sa défaite est j'espère pour le Ghana gage de stabilité et de protection de ses ressources.
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