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Le journalisme d'investigation à l'honneur
Jeudi 08/05/2008 | Posté par René L. Fonséca
En marge de la remise du prix Albert Londres, Manon Loiseau et Alexis Marant, deux anciens lauréats, ont animé au Cesti un atelier sur le reportage TV d'investigation
L'atelier s’inscrit dans le cadre de la préparation des grandes enquêtes que doivent réaliser les étudiants en troisième année option télévision. Yves Jacques Sow, par ailleurs professeur de télévision en deuxième année, a aussi participé à cette rencontre. Des journalistes et anciens pensionnaires du Cesti étaient associés à ce rendez-vous.
L'enquête d’une ancienne étudiante du Cesti intitulée : « Ces bombes à trois roues » a été projeté. Celle-ci relate le commerce illicite de carburant par les handicapés au Bénin. Puis le film des deux lauréats TV du prix Albert Londres 2006 sur l’infanticide et le foeticide en Asie a été visionné. Les auteurs se sont prêtés à nos questions :
L'enquête d’une ancienne étudiante du Cesti intitulée : « Ces bombes à trois roues » a été projeté. Celle-ci relate le commerce illicite de carburant par les handicapés au Bénin. Puis le film des deux lauréats TV du prix Albert Londres 2006 sur l’infanticide et le foeticide en Asie a été visionné. Les auteurs se sont prêtés à nos questions :
Quel était l’objectif de cet atelier de formation ?
Manon Loiseau : Nous sommes venus dans le cadre du Prix Albert Londres et CFI, nous a proposé à Alexis Marant et à moi, d’animer cet atelier à Dakar. Nous sommes venus pour voir la manière dont les étudiants travaillent sur leurs projets et pour essayer d’échanger sur la manière dont on faisait du journalisme. Voilà pourquoi on a projeté notre film, La malédiction de naître fille. On a découvert la manière dont fonctionne la télévision sénégalaise ; et je trouve que c’était intéressant de voir les regards de différents pays. Pour nous, c’est un privilège rare de venir ici et de pouvoir parler aux étudiants.
Vous étiez en Asie dans le cadre de cette enquête, qui parle des traitements faits aux femmes. En tant que femme, qu’avez-vous ressenti ?
M. L : En tant que femme c’est dur d’être confrontée à des femmes qui ne veulent plus donner naissance à des filles. C’est une négation d’elles-mêmes, surtout avec l’échographie qui vient compliquer tout car les femmes adoptent, à ce moment, des avortements sélectifs. C’est triste, car elles souffrent. Ce qui m’a encore marqué, c’est d’arriver dans une région où il n’y a plus de femmes car elles n’ont pas eu la chance de naître.
Comment jugez-vous la qualité des interventions des étudiants dans cet atelier ?
Alexis Marant : Quand on nous a proposé de venir animer une séance de formation avec les étudiants du CESTI, on a tout de suite aimé, car nous avons l’habitude de faire des séances comme ça avec des étudiants, avec des professionnels dans différents pays où l'on se rend pour des forums, des festivals, des foires. On aime parler de notre métier, de notre passion, de notre expérience aussi petite soit-elle et de partager des idées avec d’autres gens. Pour ce qui est de la séance de ce matin, elle tient déjà ses promesses. On a échangé sur certaines parties de notre film. Il y a eu des réactions très importantes de la part des participants. Cet après-midi, nous allons discuter avec eux de leurs projets d’enquête, qui seront certainement axées sur les réalités sénégalaises. Nous allons voir ensemble leur faisabilité, ce qu'il convient de faire ensemble pour les améliorer, on procèdera projet par projet. Je pense que ça va être intéressant !
Ousmane Ngary Faye, un ancien étudiant du Cesti qui a participé à cette rencontre, nous a également livré ces impressions à la fin de cette séance matinale.
Ousmane Ngary Faye, un ancien étudiant du Cesti qui a participé à cette rencontre, nous a également livré ces impressions à la fin de cette séance matinale.
Que retenez-vous de cet atelier ?
Ousmane ngary Faye: Je pense que le journalisme est un champ très vaste dans lequel chaque jour est un apprentissage. Echanger avec d’autres confrères venus d’ailleurs et qui ont un autre regard ne peut être que bénéfique pour nous. Laissez-moi vous dire que ce film est un chef-d’œuvre. Je le trouve bien fait surtout qu’il nous parle de pratiques qui nous sont inconnues ou presque inexistantes chez nous. Ceci me permet d’avoir des rudiments sur le journalisme d’investigation car comme vous le voyez ce film est bien fait, bien écrit et bien réalisé. Ils ont tenu à respecter les lois et coutumes de ces pays. C’est une bonne chose et je pense que cela nous a donné des idées pour le futur. C’est ce qui manque au Sénégal, car comme vous le savez ici, on met plus l’accent sur les magazines, sur les news, sur les débats alors que le journalisme d’investigation est un domaine très intéressant. Il n’est pas trop pratiqué au Sénégal et je pense qu’avec cet atelier de formation nous aurons les outils nécessaires pour nous lancer dans ce domaine. On espère y apprendre les méthodes d’écriture à la fin.
Yves Jacques Sow est journalistes et enseignant au Cesti où il dispense des cours de télévision aux étudiants de la deuxième année. Il est aussi expert en audiovisuel et s’est exprimé sur certaines questions.
Avez-vous trouvé une réponse à vos attentes à l’issue de ce premier contact avec les intervenants de ce matin ?
Yves Jacques Sow : Ce sont des experts qui nous ont parlé de l’investigation. Mais investigation, si vous faites la traduction, c’est simplement enquête. Les étudiants de troisième année au Cesti, quand ils terminent, ils font une enquête, et c’est des enquêtes quand même intéressantes. Concernant ce film, c’est aussi très intéressant au niveau de la démarche, parce qu’ils ont eu une commande d’une chaîne franco-allemande (Arte), c’est donc à partir de cette commande, qu’ils ont formaté leur reportage d’investigation. On a appris des choses, mais quelque part aussi, c’est des choses que nous faisons.
Vous pensez que vos étudiants, à la sortie du Cesti, sont capables de produire des reportages aussi bons que celui-ci ?
Evidement non ! Ce reportage a coûté quand même entre 50 millions et 60 millions CFA, donc au niveau technique, c’est assez difficile de payer ne serait-ce que des billets d’avion. Mais globalement, avant, vous avez vu un reportage qui a été réalisé par une de nos étudiantes. C’est comparable. Il y a juste,certains problèmes au niveau technique. C’est simplement une démarche, on part d’un point anodin. Si vous êtes documenté, bien préparé, vous pouvez faire ce type d’investigation.
Propos recueillis par René L. Fonseca et Erick Gnimadi
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Par Anonyme