RUBRIQUE :
Le malaise social s’empare des travailleurs
Lundi 03/05/2010 | Posté par Papa Keita
Si le gouvernement s’aventure à toucher l’article L 42 du code du travail, il verra en face de lui se dresser la Fgts, la Csa et l’Uts. Ces organisations syndicales ont mis à profit la fête du 1er mai pour cogiter sur la morosité sociale des travailleurs à l’Université. Reportage.
Samedi 1 mai, 10h. Le soleil est à son zénith et darde ses rayons. De petits groupes de travailleurs, regagnent à pas saccadés l’amphithéâtre de l’Ucad 2. A les voir, on pourrait les confondre à des potaches. Entre échanges de courtoisie entre camarades de même sensibilité et propos d’amabilités entre leaders et sympathisants, toutes les astuces sont convoquées pour afficher une bonne mine. Histoire de dire que ce jour est le notre !
A l’intérieur de la grande salle de l’Ucad 2, la couleur rouge saute ostensiblement aux yeux. A cela, s’ajoute les banderoles, sur lesquelles on peut lire : «Non à la modification de l’article L 42 !», «Construire l’unité syndicale pour défendre la sécurité de l’emploi».
Rien n’a été laissé au hasard pour décrire la morosité sociale des travailleurs. Mouhamet Mbengue, la trentaine, est travailleur dans le secteur du nettoiement. Avec le peu qu’il gagne, il assure ne point joindre les deux bouts. Pour lui, le visage du travailleur sénégalais n’est pas beau à voir.
Ndack Diop, la quarantaine, abonde dans le même sens que Mouhamet. Assistante social dans un centre hospitalier, elle proteste contre la flambée des prix, alors que les salaires stagnent.
11h, la salle commence à refuser du monde. Quelques leaders syndicaux, qui s’étaient retirés dans une antichambre font leur apparition publique. Cette année, la Fédération général des travailleurs du Sénégal (Fgts) du bouillonnant Sidya Ndiaye, la Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (Csa) du tempéré Mamadou Diouf ainsi que l’Union des travailleurs du Sénégal du placide Ibrahima Sylla, ont fait corps pour aller à l’assaut contre les agressions arbitraires dont est victime le mouvement social.
A la place de la traditionnelle marche dans les artères de Dakar, ils ont, disent-ils préférés se rencontrer à l’Ucad, temple du savoir pour cogiter sur la situation des travailleurs.
Une idée qui a réjoui Youssoupha Wade, président du Comité national du dialogue social (Cnds). Prenant la parole, il fera savoir que l’unité paie mieux que la désunion. «Uni, aucune pente n’est trop raide pour vous», dit-il, à l’endroit des leaders assis côte à côte.
Pour la plupart des leaders, la modification de l’article L 42 est une mauvaise chose pour le monde du travail. Ainsi, ils soutiennent qu’ils vont la combattre avec toute leur force.
Outre les syndicalistes, il y avait la présence d’Amath Dansokho, Mamadou Lamine Keita, Yoro Deh, etc. 14h, la salle se vide de ses occupants. Certes pour la plupart d’entre eux, aujourd’hui c’est un autre jour de fête, mais demain il faudra aller de nouveau, à la recherche du diable pour lui tirer la queue.
A lire
Commenter l'article


Par Anonyme