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Le manque de formation, talon d’Achille de la presse

Vendredi 25/02/2011 | Posté par Papa Keita

La pratique du métier de journaliste attire beaucoup de jeunes. Mais le revers de la médaille est que ces derniers l’embrassent sans le moindre pré-requis. Ce qui déteint négativement sur les productions journalistiques

Aujourd’hui, le métier de journalisme est devenu poreux. Il attire de nombreux jeunes parfois sans formation requise pour la pratiquer. Pour  Jean Meissa Diop, Directeur de publication de Walf GrandPlace, si on n’y prend pas garde, cette perméabilité risque à coup sûr de perdre la presse.

«Aujourd’hui, il y a un discours sur la banalisation de la formation journalistique. N’importe qui peut se prévaloir du statut de journaliste sans avoir le minimum de pré-requis», déplore-t-il. «Il est inconcevable de pratiquer le métier de journalisme sans avoir au moins le Bac», ajoute Jean Meissa Diop. Qui regrette aussi, le manque de militantisme dont font montre beaucoup de journaliste.

Comme pour répondre aux préoccupations de Jeans Meissa Diop, le Rédacteur en chef de l’Agence de presse sénégalaise (Aps), Cheikh Tidiane Ndiaye estime pour sa part, que tout est question de rigueur. Selon lui, vous avez beau former les journalistes dans les écoles les plus pointues du monde, s’ils ne sont pas rigoureux avec eux-mêmes et vis-à-vis du public, ils ne feront que des prestations au rabais.

Dans le même sillage, Mamadou Kassé, Conseiller technique au ministère de la Communication, a comme qui dirait sa part de remède. Selon lui, les dégâts peuvent être limités si les écoles réputées de la place décident de jouer leur véritable rôle. «Il faut que des écoles comme le Cesti augmente leur capacité d’accueil», diagnostique-t-il. «S’il ne le fait pas, c’est d’autres écoles qui vont se charger de donner aux jeunes journalistes une formation au rabais», indique Mamadou Kassé.

Augmenter la capacité d’accueil des écoles de formation suppose des moyens conséquents. Et cela semble faire défaut dans une école comme le Centre d’Etudes des Sciences et Technique de l’Information (Cesti) à en croire sa Directrice, Mme Eugénie Rokhaya Aw Ndiaye.

Comme un cri de cœur, elle lance : «Je ne reçois que 29 millions de FCfa de la part l’Etat, tout le reste de nos ressources, nous les puisons auprès de nos partenaires». Madame Aw s’exprimait au cours d’une conférence organisée par la Fondation Konrad Adenauer sur le thème : "50 ans de presse au Sénégal : Regards croisés sur l’évolution des médias".

Papa Keita -