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Le pari risqué d’Obama
Lundi 07/12/2009 | Posté par Papa Keita
En envoyant 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan, Barack Obama a pris la décision la plus douloureuse de sa jeune présidence. Désormais il sera tout aussi comptable que Bush, si sa stratégie tournerait à la catastrophe. Il a dix huit mois pour finir le job.
Depuis que Barack Obama occupe la Maison Blanche, je me suis gardé d’écrire sur lui. Et Dieu sait que j’en avais envie souvent. Mais, je me suis fait violence à chaque fois, en prenant mes distances pour ne pas retomber dans l’ivresse de’’ l’Obamania’’. Bref.
C’est avec une grande surprise, que j’ai appris qu’Obama allait envoyer de nouveau 30.000 boys en Afghanistan. Ce qui porterait l’effectif des troupes américaines au bas mot à 100.000 hommes. Avec comme point de mire : déloger les Talibans, qui sont par ailleurs en connexion avec la nébuleuse Al-Qaïda.
Une question d’école s’impose à nous tous : pourquoi envoyer tant d’hommes pour résoudre un conflit à la limite complexe ? Car depuis 2001, date de l’invasion des forces de coalition en Afghanistan, il y a une situation de ni paix ni guerre. Ceci, en dépit de la force de frappe de l’OTAN.
Mais je suis convaincu qu’Obama, a dû faire contre mauvaise fortune bon cœur. En envoyant des soldats supplémentaires dans une nouvelle aventure aussi périlleuse que risquée. Ma conviction est que s’il ne dépendait que de lui, Obama n’enverrait pas de soldats dans cette pétaudière afghane. Ceci, pour plusieurs raisons.
D’abord, son statut de Nobel de la paix, le contraint à être un apôtre de la paix. A preuve, avant de prendre sa décision, il a multiplié les consultations et les séances de travail avec son staff. Dès 40.000 soldats que réclamait le général Stanley McChristal, commandant des opérations sur le terrain, il n’en a donné que 30.000 ’’pour finir le job’’. Comme il l’a lui-même promis en dix huit mois. Histoire de se donner bonne conscience.
Ensuite, Obama est dépositaire d’un grand et profond espoir après son élection. De Londres à Paris, de Kaboul à Bagdag, de Kigali à Antananarivo, de Tel – Aviv à Gaza, tout le monde attend de lui, plus qu’il ne peut donner. Surtout, après les années chaotiques de la gestion paranoïaque de Bush du terrorisme. Il le sait plus que quiconque. Son discours flamboyant du Caire, en direction du monde musulman était perçu comme une invite à un nouveau départ. Je crains que cette nouvelle approche, n’entraine le pays dans un cycle de la violence. Dans cette région, les forces de la coalition sont perçues comme des forces d’occupation.
Enfin, Barack, du moment où il a envoyé des troupes pour combattre, il ne peut plus se décharger sur l’administration Bush. Même si, c’est ce dernier qui a déclenché le conflit en 2001, c’est lui qui l’aura perpétué. Alors qu’on s’attendait à un retrait des troupes de l’OTAN. Qu’Obama se le tienne pour dit, il sera désormais tout aussi comptable que Bush, devant l’histoire de tout ce qui se passera, au quel cas où sa stratégie serait un flop. Bonne chance.
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Réactions des internautes
Lundi 7 Décembre 2009, 18:49
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Il n'y a à vrai dire pas "grande surprise", puisque Obama avait annoncé dans son programme qu'il comptait retirer, s'il était élu, les troupes américaines d'Irak, afin de les redéployer massivement en Afghanistan pour éradiquer le talibanisme et la mouvance Al-Qaïda; bref "finir le job".Mais, à l'époque, il ne prévoyait qu'un renforcement de 2-3 brigades maxi (une brigade US = 5.000 hommes environ).
Lorsqu'Obama a été élu, je me suis douté que les messages euphoriques qui le présentaient comme le 1er Noir élu à un tel poste retomberaient assez vite: Obama est Américain, avant d'être un Noir.
Ce qui est certain, c'est que la stratégie américaine fondée sur l'éradication totale des forces adverses en l'écrasant sous les bombes et la supériorité technologique a démontré son échec.
Au contraire, cette stratégie a provoqué le chaos, alors qu'en 2001, grands étaient les espoirs du peuple afghan si on en croit le journaliste pakistanais - mais fin connaisseur de l'Afghanistan et du talibanisme - Ahmed Rashid (auteur entre autre du Retour des talibans).
L'action militaire seule ne mène strictement à rien; par ailleurs l'administration Bush, Rumsfeld en tête, préférait financer les seigneurs de guerre anti-talebs au détriment de l'administration Karzaï, dont le personnel devait carrément partir à la chasse aux tables, chaises, papier autres stylos là où les seigneurs de guerre afghans percevaient des millions de dollars par mois...
Pour autant, impossible de soutenir le peuple afghan et de l'aider à reconstruire son pays dans un environnement non sécurisé.
Or, pour sécuriser les régions afghanes une par une, et établir l'action étatique en tous points de l'Afghanistan, il est nécessaire d'élargir progressivement l'ère d'influence du gouvernement.
Mais cela ne peut se passer sans reprendre les terrains conquis puis reperdus (ils ont été reperdu lorsque l'administration Bush a entreprise cette guerre en Irak, en 2003) avec des forces conséquentes.....
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