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Le pouvoir de l’encens pour ferrer les hommes
Vendredi 29/01/2010 | Posté par Aicha Senghor
L’encens, appelé «thiouraye» en langue wolof est une astuce particulière dans les ménages au Sénégal. Les femmes y ont souvent recours pour ferrer leurs conjoints à la maison. Et avec l’arrivée progressive du froid, la vente de ce produit mixé avec des parfums assortis a flambée. Aicha est allée s’en rendre compte au marché Tilène (dans la périphérie de Dakar).
Après la saison des pluies (juillet – septembre) marquée par les fortes chaleurs, la période du froid a fini par pointer son nez au Sénégal, notamment à Dakar (une presqu’île), et tous les moyens sont bons pour être au chaud. Et dans cette euphorie pour se mettre à l’abri de la baisse des températures, les femmes se distinguent par leur créativité pour faire plaisir à leurs conjoints. Pour ce faire, il n’y a pas mieux que l’encens, réputé pour son «pouvoir» à ferrer ces derniers à la maison. Et de préférence la nuit, lorsque tout devient calme. Une belle histoire romantique les unit ainsi avec leur encensoir, ou «Ande thiouraye». Celui-ci est rempli de braises, où elles placent une petite quantité de ce produit. Et lorsque la bonne odeur s’échappe de l’encensoir, c’est une nuit de bonheur assurée.
Ainsi, la vente de l’encens connait pendant cette période une hausse vertigineuse, en raison notamment de la forte demande. Au marché Tilène de Dakar, les vendeurs se frottent les mains. Dans la boutique Djeddah thiouraye, très célèbre pour ses publicités sur le petit écran, deux vendeurs s’activent à mixer de l’encens avec d’autres produits dans de grandes bassines. Devant eux, un étalage rempli de cuvettes bien disposées attire l’attention de la clientèle. L’encens diffère d’une cuvette à l’autre, assure Ousmane, l’un des vendeurs. Chacune de ces grandes boites est identifiée par une étiquette avec des noms très aguichants. «Salagne salagne» (astuce, façon de faire), un terme très à la mode, grâce surtout au tube de cette fin d’année de Youssou Ndour qui porte le même titre. Et dans la gamme, on compte aussi «7e ciel» ; «samedi soir» ; «ngolima» (soulève-moi), etc.et j’en passe.
Et répondant sur le choix des noms donnés aux différents encens, Ousmane renseigne qu’ils sont choisis au finish, après que tous les mélanges aient été faits. «On s’arrange toujours pour trouver un nom sexy qui peut attirer la clientèle» confie t-il.
«En ce moment, la vente du thiouraye va à merveille, la boutique ne désemplit pas », informe-t-il en train de servir une cliente. « Je pense que ceci est dû à la fraicheur, car mes clientes sont plus nombreuses que d’habitude» ajoute -il. Cette dernière, la trentaine environ, a l’air d’une habituée des lieux. «L’encens fait partie des astuces que nous les femmes sénégalaises utilisons pour plaire à nos maris. Je l’utilise pour odoriser ma maison, et plus particulièrement ma chambre à coucher» soutient-elle. Une autre dame, la cinquantaine bien sonnée, va plus loin sur l’utilisation de l’encens par les femmes mariées, et la considère comme une «obligation». « La chambre d’une bonne épouse doit sentir le thiouraye (l’encens) en permanence. Non seulement les braises dans l’encensoir réchauffent la chambre quand il fait frais, mais aussi l’encens qui s’y trouve dégage une odeur qui peut faire tomber plus d’un. Ce qui permet de mêler l’utile à l’agréable», affirme-t-elle. Un arsenal de pratiques rien que pour faire plaisir aux hommes.
Aicha Senghor
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Par Amadou