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Le président de la BAD donne ses solutions contre la crise au petit déjeuner

Mardi 12/05/2009 | Posté par Papa Keita

La Banque Africaine de Développement peut faire face à la crise. C’est la conviction du président de la Banque. Face aux journalistes qu’il a convié à un petit déjeuner de presse, Donald Kabéruka analyse les raisons de la crise et livre ses solutions.

Face à la crise économique qui secoue le monde entier, la Banque Africaine de Développement joue sur le registre de la corrida, pour tenir la crise, ce taureau incontrôlable et insaisissable par les cornes. Face aux journalistes qu’il a convié à petit-déjeuner ce mardi matin, le président de la BAD, Donald Kabéruka, a tenté de rassurer sur la bonne marche de son institution, avec beaucoup de pédagogie et de méthode. A ses yeux, la BAD est apte à détenir l’antidote capable de secouer ce grand corps malade qu'est l'Afrique en 2009.

La crise économique et financière mondiale est d’origine externe, rappelle Kabéruka. Personne n’en doute ! Elle a vu le jour aux Etats-Unis et le virus s’est propagé dans le monde contaminant les économies fragiles telles que l’Afrique. Ceci nous impose à revisiter la gouvernance mondiale, pense Kabéruka, par ailleurs ex-ministre de l’Economie et des Finances du Rwanda. Aujourd’hui, tout le monde s’interroge sur le libéralisme, de plus en plus décrit comme sauvage et dévastateur. Mais là n’est pas le problème, explique Kabéruka à ses convives. Pour lui, l’esprit du libéralisme suppose des règles et un code de conduite qui a toujours fait sa force et sa pérennité. Ce qu’il faut par contre guérir au plus vite, c’est la gouvernance au niveau mondiale, pour la débarrasser des spéculateurs sans foi ni loi. C’est d’ailleurs la voie que semble suivre la nouvelle administration américaine, en soumettant ses banques à l’épreuve des tests de viabilité pour amortir les risques futurs. Les pays africains doivent suivre cet exemple, a-t-il fait savoir. Selon le président de la BAD, les principes du marché sont bons, mais pour y évoluer avec d’autres concurrents, pas souvent de même taille ni de même gabarit, il faut des Etats forts capables de réguler le marché.

Dans un contexte de libéralisme et de mondialisation de l’économie, il n’y a pas de place à l’immobilisme. C’est la raison pour laquelle Donald Kabéruka assure que la BAD va aider ses Etats membres à faire face à la crise. L’appui du secteur privé pourvoyeur de richesses est une des pistes étudiées : la BAD souhaite dorénavant accompagner le secteur privé comme la Banque le fait avec les Etats. Selon Kabéruka, c’est un levier important de la relance de l’économie africaine. La notion de bonne gouvernance au niveau local a été aussi identifiée comme une piste pour relooker le système économique. Il y a un lien direct entre la bonne gouvernance et la gestion des ressources : des richesses mal redistribuées au niveau local peuvent nourrir des réflexions séparatistes. La BAd souhaite aussi prévenir et circonscrire les conflits en Afrique, pour ne pas retomber dans le cycle infernal des guerres qui ruinent le pays. Dernier point sur lequel Kabéruka a insisté: le défi des infrastructures que la Banque compte relever dans les prochaines années. Afin de mieux faciliter les échanges entre pays africains, plus de 40% du budget de la BAD sera consacré aux infrastructures.

En conclusion, le président de BAD explique à l'assistance que la crise économique et financière même si elle n’a pas le fait des africains, ne doit pas être une fatalité, mais au contraire, une opportunité pour repenser la gouvernance mondiale.

Papa Keita -