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Le prix du pardon 2/2

Mardi 28/12/2010 | Posté par Aicha Senghor

Maxoye a quand même accepté d'épouser Yatma.Voyons dans cette deuxième partie combien va coûter le pardon de Mbagnik...

Peu après, le mariage de Maxoye et Yatma fut célébré. A la tombée de la nuit, il fallait consommer le mariage. Drapée de blanc, Maxoye attendait tranquillement son mari. Il la retrouva et à peine a–t-il posé les doigts sur sa femme que cette dernière retint sa main.

Lui fit savoir qu’elle attendait un enfant de Mbagnick, et qu’elle restera dans son foyer  et qu’il élèvera cet enfant qu’elle attend de Mbagnick. Ceci sera le prix de son pardon. Il ne consomma pas le mariage. Stupéfiait, il resta bouche bée. Maxoye lui remit un couteau et lui demanda de faire son choix, la tuer comme il a tué son fiancé ou payer le prix de son pardon. Il ne pouvait que payer. Elle lui mena la vie dure, lui parlait à peine, faisait fi de ses cadeaux et de ses actes de tendresse. L’enfant naquit, il portait le même nom que son défunt père, Mbagnick. Il grandissait, Yatma était toujours indifférent à son épouse. A chaque fois qu’il allait pêcher, un gros requin agitait sa barque, on disait que c’’était Mbagnick qui s’incarnait à travers ce requin. Il alla voir un sage qui lui fit savoir que Mbagnick ne lui avait pas pardonné son geste et qu’il fallait qu’il reste 12 mois sans aller en mer sinon il risquait gros. Ainsi dit, ainsi fait.

C’est à peu près deux ans après lui avoir mené la vie dure que Maxoye lâcha du lest. Elle trouvait qu’elle lui avait assez fait payer et qu’il méritait enfin le pardon. Elle se fit belle pour la nuit de réconciliation, il consomma enfin son mariage et un conçurent un enfant. Mais le lendemain lorsqu’il alla pêcher, les esprits de Mbagnick ont fortement agité la mer, comme s’ils étaient furieux. Yatma a échappé bel à la noyade.

L’enfant conçu par Yatma naquit, celui de Mbagnick avait près de 3 ans. Le jour du baptême, la maman de Mbagnick intercepta  Baye Ndiaye, le père de Yatma ainsi que les autres sages du village. Elle les traita d’hypocrites parce qu’ils savaient que c’est Yatma qui avaient tué Mbagnick mais leur fit un aveu : « Mbagnick fils de Maxoye est mon petit fils, il est de mon sang, c’est le fils de Mbagnick ; moi je vous ai pardonné mais mon fils lui, n’a pas pardonné » et les a traité de lâches. Toute honte bue, ils ne pipèrent mot.

Amul Yakaar, un jeune garçon, ami de feu  Mbagnick. Il était fils de griot  Mbagnick lui avait appris à pêcher, il l’emmenait très souvent en allant en mer. Il avait été très touché par la mort de Mbagnick mais n’a jamais su que c’est Yatma qui était à l’origine de la disparition de Mbagnick. Ce même jour,Amoul Yakaar  prit le petit Mbagnick, le mit sur une barque pour l’emmener voir son père. Il est parti sans rien ne dire à personne. Sur le rivage son père ainsi que les autres villageois criaient pour qu’il fasse demi tour mais il s’entêtait à amener Mbagnick chez son père, qui, disait-il se trouvait dans les eaux du Timbering. Il l’avait souvent vu secouer la barque de Yatma quand ils allaient à la pêche ensemble. Arrivé au milieu de la mer il criait le nom de Mbagnick « Mbagnick, Mbagnick, je t’ai amené ton fils ». Yatma les avait suivis. Quand il est arrivé à la hauteur de la barque des enfants, le requin, « Mbagnick », renversa la barque dans laquelle il se trouvait, l’attaqua puis l’avala… C’est ainsi que Mbagnick s’est vengé de sa mort.

Ainsi se termine l’histoire de Mbagnick, Maxoye et Yatma. Une histoire où le pardon a eu un double prix.                   

http://www.youtube.com/watch?v=auw2DNmM56c

Aicha Senghor -