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Le rallye Dakar, en ligne de mire

Lundi 27/09/2010 | Posté par Mamadou Sane

La mécanique, il l’a dans le sang depuis le premier jour où il a tenu le volant d’une voiture dans une gare routière alors qu’il fréquentait une école coranique à Khombole. Aujourd’hui, le rêve le plus fou de Moussa Seck est de prendre part un jour au rallye Dakar.

Si vous le trouvez chez lui le soir ou en compagnie de ses amis d’enfance, vous aurez du mal à croire qu’il passe sa journée sous des véhicules avec leur cambouis à les remettre en marche. Son image, il y tient absolument. En dehors de ses heures de travail, il est un vrai dandy.

«On donne souvent une image non reluisante des mécaniciens en les taxant de gens peu enclins à prendre soin d’eux», regrette Moussa Seck. Mécanicien depuis 10 ans, il n’a qu’un seul rêve : participer un jour au rallye Dakar. «Je sais qu’il n’est pas donné à n’importe qui de prendre part à cette compétition plus que passionnante vu ce qu’elle demande comme moyens matériel et financier», reconnait-il. Mais il continue de croire que son rêve deviendra un jour réalité.

Cette conviction, il la tire de ses prouesses au volant d’un véhicule. Ses camarades n’hésitent pas à le comparer au pilote allemand Michael Schumacher. Aucune machine ne lui est étrangère. «Même si vous lui donniez une voiture des années lumières, il vous la réparera avec perfection», témoigne Saliou Guèye, ami de longue date de Moussa. Il ne fait pas de différence entre lundi et dimanche. Il rejoint tous les jours le garage à Thiaroye, à 8 heures au plus tard.

Les débuts d’une passion

Son amour pour la mécanique a pris naissance à la gare routière de Khombole. C’est dans cette localité où il a vu le jour en 1980. Il se chargeait de faire le plein de passagers dans les taxis collectifs, communément appelés «7 places ». Dans l’exécution de cette tâche, certains chauffeurs lui confiaient souvent le soin de bien garer leur véhicule où d’aller faire le plein à la station service. Au fil du temps, Moussa prend goût au volant. «C’était le plaisir extrême», se souvient-il.

Il lui restait alors pour définitivement épouser son amour de la mécanique, sauter un obstacle : convaincre son père de lui accorder le vœu d’aller approfondir ses connaissances dans un atelier et abandonner l’école coranique. Il obtient sa bénédiction, mais à une condition : «Ne point abandonner l’apprentissage du coran» dit-il.

Dans le labyrinthe de Dakar

C’est en décembre 1998 qu’il se rend à Dakar. Pour la première fois. «C’était totalement différent de ce que j’avais l’habitude de voir chez moi comme modèle de voiture», estime-t-il. Au fil des années, il acquiert de nouvelles expériences. Ce qui lui a valu la confiance de son maître. En son absence, il se charge de la gestion du garage. A 29 ans, Moussa Seck commence à nourrir un projet personnel : ouvrir son propre garage. «J’ai une maîtrise totale de toutes les pièces d’une voiture ; il est temps que je vole de mes propres ailes» se justifie-t-il. En attendant cette étape, il continue à se consacrer à son occupation favorite : remettre en marche toute voiture en panne qui entre dans son garage.

Mamadou Sane -