Dakar Bondy Blog Dakar Bondy Blog Neuilly Bondy Blog Lausanne Bondy Blog Business Bondy Blog Bondy Blog Lyon Bondy Blog Marseille Bondy Blog

RUBRIQUE :

"Le report des élections présidentielles permettra juste d’apaiser les tensions, mais …’’, Alexis GNANGUENON chef de département journalisme/Calavi du Bénin

Samedi 05/03/2011 | Posté par Gata Doré

Alexis GNANGUENON est le chef de département des sciences et techniques de l’information à l’école nationale de l’administration et de la magistrature (ENAM), Calavi du Bénin. Il a bien accepté une interview au DBB. M. Alexis nous parle du motif de sa présence à Dakar et des élections présidentielles de son pays le Bénin.

DBB : Que peut-on retenir de la rencontre régionale des écoles de journalisme francophonesen Afrique co-organisée par l’Unesco et le Cesti ?

Cette rencontre est salutaire pour les écoles de formation en journalisme, parce que depuis la création y a 2 ans de la filière de journalisme chez nous, on n’a jamais eu l’occasion d’échanger avec les écoles de formation attestée comme le Cesti. Et cette rencontre s’inscrit en droite ligne dans la logique d’échange et de discussion sur le cursus de la formation en journalisme. Pendant ces quatre jours de concertation, on (écoles de formation en journalisme) s’est auto-évalué sur ce qui se fait dans l’ensemble de la zone de l’Afrique francophone. Ce, pour  savoir si nous sommes dans la bonne ou la mauvaise direction. On a eu également l’opportunité d’ajouter des modèles et des standards nouveaux afin d’améliorer de façon pertinente ce qui manque dans chaque école de formation en journalisme dans l’Afrique francophone.

Ce cursus qui sera la progéniture de cette assise régionale aura-t-elle une influence sur vos anciens programmes de formation ?

Absolument ! Par exemple, notre université (filière de formation en journalisme) dispose de l’autonomie de refonte des programmes à tout moment. Cela veut dire déjà que même pour cette année, nous allons aménager les curricula en cours afin d’introduire certains aspects du cursus de l’Unesco pour la formation en journalisme. Et ça, c’est fondamental.

Etant une autorité d’un institut de formation en journalisme, quel regard portez vous sur le métier de journalisme de chez vous et de l’Afrique en général ?

Euh ! Malheureusement je pense que le métier tel qu’il se pratique au Bénin ne nous donne pas satisfaction bien que nous ayons des professionnels formés dans différentes écoles à l’étranger. Que ça soit dans le public ou dans le privé, les journalistes professionnels et de référence constituent des oiseaux rares. Ce qui fait que la profession de journalisme est un peu galvaudée. Et la qualité de la Presse béninoise est nettement inférieure à ce qu’elle a été il y a 30 ou 40 ans. Il est vrai que les organes de presses se sont multipliés, mais il reste beaucoup à faire au niveau de la qualité du contenu. Et là se pose un problème crucial de formation.

Actualité oblige. Que pensez-vous du report de la date des élections présidentielles béninoises ?

C’est une bonne chose déjà quand l’ensemble des classes politiques a accepté le report. Est-ce que ce laps de temps permettra de rajouter sur la liste électorale les soi-disant un million trois cent mille électeurs ? J’atteste que ce n’est pas sûr. Vous savez, le problème de cette liste est beaucoup plus un problème de compétences des individus habilités à construire celle-ci qu’un problème de temps. Car ça fait 5 ans qu’on devait aller aux élections, donc la liste électorale devrait être peaufinée y a longtemps. C’est à cause de la mauvaise organisation et de l’incompétence des gens que nous sommes là aujourd’hui devant cet état de fait déplorable. Je pense que le report permettra juste d’apaiser  les tensions mais pas d’avoir une liste électorale acceptable par tous. Les un million trois cent mille électeurs non inscrits dont on parle, personne ne sait là où ils sont. Personne n’a la preuve attestant l’omission de ces électeurs. C’est juste une polémique politicienne. Certes, la liste n’est pas bonne mais dire encore qu’il y a une omission de plus d’un million de votants, je crois c’est exagérer. Les gens ont plutôt besoin de temps pour faire une bonne liste électorale et pour distribuer les cartes d’électeurs. Car le temps qui était imparti à la distribution de ces cartes est très court. Et ce qui est abhorrant, c’est que depuis 1990, on organise des élections démocratiques mais on est chaque fois exposé aux mêmes problèmes. Soit on est en retard, soit  on se précipite ou c’est la liste électorale qui est en cause. Cela explique une façon de travailler qui est propre aux pays africains, où on ne fait jamais les choses à temps.

Propos recueilli par Gata Doré

Gata Doré -