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Le revers de la médaille de Dakar-Plateau

Jeudi 08/05/2008 | Posté par Maguy Gueye

La richesse du quartier des affaires est une réalité qui en cache une autre. Derrière les beaux immeubles et les chantiers, c’est la misère.

A Dakar, tous les chemins mènent au plateau. Chaque matin, des milliers de personnes arrivent à Dakar-Plateau en provenance des autres quartiers de la ville et de l’immense territoire des banlieues, après un voyage long parfois de deux heures.

C’est ici le cœur de la capitale, c’est ici que tout se passe. L’argent, le travail, les « grattes ciels » se trouvent au Plateau. Ce qui frappe au premier regard, ce sont les beaux immeubles qui n’arrivent pas à dissimuler, derrière eux, des maisons plus anciennes, ou plutôt des taudis, qui ressemblent à des boîtes de sardines. La ville ressemble à un chantier. Le long de toutes les rues, des immeubles sont en construction. Comme tout le monde veut venir au Plateau, il se transforme vite.
 
Les vieilles maisons, derrière les immeubles, grouillent de monde. La promiscuité et la pauvreté sont au rendez-vous. La rue Tolbiac est un de ces lieux qui contredit l’image positive que certains ont du plateau. Des maisons en bois qui n’ont ni clôture, ni porte d’entrée : on se croirait à Soweto. Ne soyez pas surpris ! Je parle bien de Dakar-Plateau. 

Descendez de vos voitures, qui sont de toute façon bloquées dans les embouteillages, et prenez la peine de marcher dans les rues, regarder entre les immeubles et vous verrez de petites portes qui se dessinent sur les murs. On se demande même comment des maisons aussi étroites peuvent contenir autant d’habitants, et comment ils arrivent à se faufiler entre les maisons sur ces petits sentiers.
 
Tout Dakar n’est pas propre. Les agents de Véolia (société de ramassage des ordures), on ne les voit en train de balayer que du bon côté de la médaille, dans ces rues qu’arpentent les touristes ou les Sénégalais qui vont au travail.
 
Si vous n’arrivez pas à voir la misère du Plateau de jour, attendez la nuit ! Les parkings et les lieux d’étalages et même les chantiers sont transformés en dortoirs, où s’entassent les mendiants, les sans domicile fixes et ceux qui ne veulent pas perdre de temps à rentrer en banlieue. La rue Amadou Lahsane Ndoye, qui abrite un marché aux puces, est envahie par la foule le jour et par les dormeurs la nuit. Des cartons et des sacs en plastiques leur servent de couvertures. On se demande comment ils font pendant la saison des pluies.

Voilà la ville de Sophiane, voilà Dakar-Plateau.  

Maguette Gueye


Maguy Gueye -