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Le Sénégal et ses « Bouazizi »
Dimanche 06/03/2011 | Posté par Amara Soumah
Le malaise social gagne du terrain. Les suicides se succèdent à Dakar. Pourquoi ces actes ? Les gens devraient comprendre que le Sénégal n’est pas la Tunisie.
Au courant du mois de février deux sénégalais se sont immolés par le feu dans les alentours du palais présidentiel. Ces actes, diront des sénégalais, ne sont pas forcément inspirés de celui du tunisien Mohamed Bouazizi parce que, semble t-il, d’autres l’avait déjà fait au Sénégal bien avant le tunisien. Mais dans un contexte marqué par la révolution du jasmin et ses prolongements, on n’est tenté de croire que ses immolations sont inspirées du cas tunisien.
Les « Bouazizi » sénégalais
Revenons aux deux personnes qui se sont immolées ici au Sénégal. Leur acte découle du malaise social dû au quotidien très misérable que vivent les populations. Que leur acte soit inspiré de Bouazizi ou pas, cela importe peu. L’important c’est de savoir dans quelle optique ils l’ont fait. J’ose espérer pour eux qu’ils l’ont fait juste pour exprimer leur malaise et non pour provoquer un soulèvement quelconque parce que si telle était le cas, ils se seraient trompés : le Sénégal n’est pas la Tunisie. Il y a au moins deux facteurs qui les différencient à mon avis.
Le premier facteur c’est celui de la durée d’une seule personne à la tête de l’Etat. Sur ce plan , les sénégalais n’ont pas encore à se plaindre; Me Wade est presque dans les derniers mois de son dernier mandat même s’il dit vouloir être candidat à la présidentielle de 2012. Donc, je crois que la révolution de la « cacahouète » n’aura pas lieu, du moins n’a pas sa raison d’être.
Le deuxième facteur, est que les sénégalais sont trop paisibles. Cela fait bientôt trois ans que je suis dans ce pays et pendant tout ce temps, je n’ai rencontré qu’une seule fois une bagarre de rue à part bien sûr les casses des étudiants de l’Université de Dakar (sur ce plan les étudiants sénégalais sont champion du monde). C’est pour dire que les sénégalais sont forts dans l’art de la parole : ils peuvent toujours se disputer mais ils se donnent rarement des coups de poing. Alors que dans d’autres capitales, il est rare de passer une journée sans voir deux personnes se taper dessus.
Les « Bouazizi » sénégalais
Revenons aux deux personnes qui se sont immolées ici au Sénégal. Leur acte découle du malaise social dû au quotidien très misérable que vivent les populations. Que leur acte soit inspiré de Bouazizi ou pas, cela importe peu. L’important c’est de savoir dans quelle optique ils l’ont fait. J’ose espérer pour eux qu’ils l’ont fait juste pour exprimer leur malaise et non pour provoquer un soulèvement quelconque parce que si telle était le cas, ils se seraient trompés : le Sénégal n’est pas la Tunisie. Il y a au moins deux facteurs qui les différencient à mon avis.
Le premier facteur c’est celui de la durée d’une seule personne à la tête de l’Etat. Sur ce plan , les sénégalais n’ont pas encore à se plaindre; Me Wade est presque dans les derniers mois de son dernier mandat même s’il dit vouloir être candidat à la présidentielle de 2012. Donc, je crois que la révolution de la « cacahouète » n’aura pas lieu, du moins n’a pas sa raison d’être.
Le deuxième facteur, est que les sénégalais sont trop paisibles. Cela fait bientôt trois ans que je suis dans ce pays et pendant tout ce temps, je n’ai rencontré qu’une seule fois une bagarre de rue à part bien sûr les casses des étudiants de l’Université de Dakar (sur ce plan les étudiants sénégalais sont champion du monde). C’est pour dire que les sénégalais sont forts dans l’art de la parole : ils peuvent toujours se disputer mais ils se donnent rarement des coups de poing. Alors que dans d’autres capitales, il est rare de passer une journée sans voir deux personnes se taper dessus.
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Par Anonyme