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Le velo et les lycéens : la «petite reine» règne sans partage.

Jeudi 29/10/2009 | Posté par Aïda DIOP

Les quartiers ne sont pas très éloignés des établissements scolaires. Mais le transport en commun, notamment par car, n’existe pas. Et puis, avoir sa bicyclette, sa «petite reine», c’est le chic, ici.

Si Dakar est connu pour ses légendaires «cars rapides», le vélo est le moyen de locomotion qui accompagne le quotidien des Kédovins. En ville comme au lycée, on ne manque pas de voir les gens en pédale. Le transport urbain n’existe pas dans cette région du Sénégal. Â Maciré Bâ de Kédougou, l’un des établissements de la ville, l’attention du visiteur est attirée par une multitude de bicyclettes garées en grappes un peu partout dans la cour. Certaines sont devant les salles de classe, d’autres sont adossées aux arbres. Elles meublent le décor. Des vélos de tous genres.

Enfourchées matin et soir par des potaches habitant dans des quartiers souvent très éloignés, ils sont l’unique moyen de transport pour ces filles et ces garçons. «C’est un cadeau que l’on reçoit des parents lorsque l’élève a réussi au concours de l’entrée en sixième. En outre, c’est beaucoup plus pratique de faire à vélo le trajet entre la maison et l’école qu’à pied», explique Salimou Diaraby, un jeune lycéen de dix-neuf ans, en classe de première, vêtu d’un tee-shirt blanc et d’un pantalon marron. Il habite au quartier Mosquée situé à trois kilomètres du lycée. Il quitte chaque jour chez lui à sept heures trente pour arriver vers huit heures moins. Donc le vélo lui est indispensable. Même si la bicyclette semble être une nécessité pour la plupart, certains ne viennent à l’école à vélo que par simple mimétisme. C’est le cas de Médoune Diatta élève en classe de seconde. Assis sur la selle de son vélo, et prêt à rentrer chez lui, il confie : «Ma maison est juste à quelques mètres d’ici. Je peux faire le trajet à pied mais la règle, à Kédougou, est d’avoir un vélo, d’autant qu’il ne coûte pas très cher». En avoir un, est très facile. Ils viennent de la Guinée qui n’est qu’à 120 km.

«PRUDENCE SUR LA ROUTE !»

Cependant même si le prix de ces cycles est abordable, certaines familles n’ont pas les moyens de les acheter. La pauvreté et l’augmentation du coût de la vie sont un obstacle. Ainsi même s’il n’est pas toujours le cas, des élèves sont obligés parfois de parcourir des kilomètres à pied avec leur sac et leur «détermination » en bandoulière. Toutefois, l’utilisation du vélo présente des inconvénients. Le principal demeure, sans conteste, les chocs avec les motos, les scooters ou les rares automobiles, et même entre cyclistes. Il arrive aussi que des élèves ayant quitté leur domicile, tôt le matin, n’arrivent pas destination : Ils ont été victimes d’un accident de la route et ont dû rebrousser chemin pour panser leurs blessures .Par conséquent, le proviseur du lycée et les professeurs ne manquent pas de discuter avec les élèves pour qu’ils redoublent d’attention quand ils sont sur la route afin d’éviter de tels déboires.

Aïda DIOP

Aïda DIOP -