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Les banques invitées à financer l’agriculture

Lundi 18/04/2011 | Posté par Papa Keita

L’atelier sur le financement des chaînes de valeurs agricoles qui s’est tenu hier, a révélé une chose : les banques financent très peu l’agriculture. On estime seulement à 5% leur quote-part. Le facteur risque est une des raisons de cette méfiance.

Malgré une forte présence de structures bancaires au Sénégal, leur enthousiasme dans le financement de l’agriculture reste timoré. D’ailleurs, il est établi que les concours bancaires globaux dans le domaine agricole représentent 5%. Là où les secteurs tertiaires et secondaires engloutissent respectivement 70% et 27% de l’investissement des établissements bancaires.

Mais qu’est-ce qui pousse les banques à être aussi récalcitrantes à accompagner l’Agriculture ? Les raisons, selon le consultant de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (Usaid) Mbaye Sarr, sont multiples. Tout d’abord, il y a le facteur risques. Risques liés à la production, mais aussi à la solvabilité de l’emprunteur. Les établissements financiers ont un souci de rentabilité. Or l’écoulement des produits comme l’arachide pose souvent problème.

Autre facteur bloquant : l’absence de comptabilité en milieu rural. L’inexistence d’informations comptables et financières pour la majorité des exploitants agricoles.

Toujours au chapitre du diagnostic, Aida Djigo Wane de l’Apix constate, elle, que les garanties contraignantes généralement exigées aux entreprises agricoles par le système financier constituent des goulots d’étranglement. Dans la mesure où la plupart d’entre elles disposent rarement de titres fonciers pour leurs terres et de surcroît, leurs futures récoltes, sujettes à différents aléas, ne sont pas considérées comme des cautions suffisantes.

Toutefois, même si la situation paraît à première vue catastrophique, tout n’est pas perdu. En tout cas, c’est ce qu’a tenté de faire croire Patrice Brochet, du Sous-Groupe financement du Conseil présidentiel de l’investissement (Cpi). Pour lui, le faible financement de l’agriculture aujourd’hui n’est pas dû à une insuffisance de ressources financières, mais plutôt à un manque de méthodologie permettant de mobiliser l’investissement privé et d’optimiser les financements publics.

Autrement dit, le financement traditionnel de l’agriculture selon une approche focalisée sur la production, ne facilite pas la création d’une situation de confort pour l’intervention de prestataires de services financiers. D’où la nécessité de changer le fusil d’épaule en adoptant le financement axé sur la chaîne des valeurs agricoles. C’est en quelque sorte du gagnant-gagnant. Puisqu’il permet de trouver des modèles de financement agricole qui, du côté des institutions financières, assurent le « retour sur investissements » et en même temps diminuent les risques systémiques et structurels qui caractérisent les activités agricoles.

 

Papa Keita -