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Les charrettes-taxis de la ville sainte
Samedi 21/02/2009 | Posté par Ousmane Diop
Les rideaux sont tombés sur la 144ème édition du grand Magal de Touba, au grand dam des charretiers qui se sont remplis les poches ce pèlerinage. Malgré la forte présence d’autres moyens de transport, les charrettes ont bien joué le rôle de taxi face à la forte demande
Une semaine avant le Magal, le département de Touba, dans la région de Diourbel, situé à 150 kilomètres de Dakar, est déjà rempli d’une ribambelle de charrettes venues de toutes les contrées du Sénégal en vue de réaliser de bonnes affaires durant le séjour des pèlerins dans la ville sainte. Et en dépit de l’importante colonie de véhicules de transport venues spécialement pour la circonstance, ces moyens de transport rudimentaires ont été pris d’assaut par des pèlerins prêts à tout pour faire toutes leurs courses avant de rentrer. La densité de la circulation, avec des embouteillages infernaux, a beaucoup joué sur leur succès car elles empruntaient des parcours en sable au lieu de la route.
Ibrahima qui a quitté Diakhao, dans la région de Farick, avec son cheval, depuis le 8 février 2009, soit une semaine avant le pèlerinage. Selon ce marié, père de 4 enfants, le travail se passe bien dans l’ensemble : « Depuis que je suis venu, je gagne chaque jour en moyenne 4000 Francs Cfa [Ndlr : 6 euros], après avoir acheté de l’aliment pour mon cheval », déclare-t-il. Pour la nourriture quotidienne de sa bête, il dit dépenser 1500 Francs Cfa (2,20 euros). Selon un autre charretier de 21 ans qui m’a pris à Ndam, à l’entrée de la ville pour me conduire au garage lorsque je le rendais à la Grande Mosquée de Touba, le bénéfice peut être colossal en fonction de l’itinéraire choisi pour transporter les clients. Ce dernier soutient avoir gagné quotidiennement le double de son homologue depuis l’approche du pèlerinage. « Avant, je gagnais 2000 Francs Cfa maximum à la fin de la journée, mais avec la présence importante des pèlerins, j’arrive à réaliser chaque jour un bénéfice minimum de 10 000 Francs Cfa [Ndlr : 15 euros] », assure-t-il. Cela semble du au fait qu’il soit résident de Touba tandis que son homologue, qui a quitté Diakhao, ne connaît pas bien les points stratégiques où se concentrent la majorité des clients potentiels.
Mais tout n’est pas rose pour autant pour ces charretiers qui rencontrent d’énormes difficultés à cause des chauffeurs de minicars « qui sont souvent jaloux de leur présence », selon Ibrahima. Ce denier ajoute que : « Ces chauffeurs étaient les seuls à faire ce commerce lucratif depuis plusieurs années. Mais depuis que nous sommes venus, ils ne nous facilitent pas la tâche car ils laissent parfois la route pour venir nous bousculer sur le chemin sableux où on nous autorise à circuler. Normalement, ils doivent conduire sur la route goudronnée, mais ils ont tendance à descendre de la route, quand il y a des embouteillages, pour venir créer le désordre sur notre trajet », déplore-t-il.
Cependant, malgré le gain important que les charrettes apportent à leurs propriétaires, les chevaux ne bénéficient guère des retombées de ce transport, ne serait-ce que pour l’amélioration de leur alimentation. Pire encore, ils sont souvent victimes de mauvais traitements (surcharges et coups de fouets).
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Par Anonyme