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Les commerçants de plus en plus excédés par les marchands ambulants
Dimanche 17/05/2009 | Posté par Faty Dieng
L’envahissement de l’avenue William Ponty par les marchands ambulants, une conséquence de la crise, énerve certains boutiquiers. Ils voient fuir une partie de leurs clients, appâtés par les prix bas pratiqués dans la rue. Faty Dieng est allé à la rencontre des commerçants traditionnels de l'avenue
Il est douze heures. L’avenue William Ponty (aujourd'hui appelée avenue Pompidou) grouille de monde. Les va-et-vient incessants des passants se mêlent aux klaxons des véhicules créant une cacophonie indescriptible. Au cœur de cette mêlée, les commerçants ont artistiquement décoré leurs boutiques : magasins propres et bien rangés, de jolis portraits parfois collés sur les vitrines bien nettoyées et scintillantes. Les vendeurs, assis à l’entrée ou derrière leurs comptoirs guettent l’arrivée des clients avec un léger sourire ponctué d’un mot de bienvenue.Mais, depuis l’avènement de la crise financière qui affecte le monde entier, ces boutiquiers sont de plus en plus inquiets de leur sort. Surtout avec cette pléthore de marchands ambulants qui assaillent l’avenue. J'ai essayé de les filmer mais ça s'est vite révélé être une mission impossible. Comme souvent à Dakar, les gens sont méfiants dès qu'ils voient une caméra.
D'après les commerçants, ils subissent ainsi une baisse considérable de leurs revenus : « Maintenant, les gens fréquentent moins les magasins à cause des ambulants qui sillonnent les rues et qui offrent des produits moins chers », constatent amèrement ces commerçants très remontés. Pourtant, ces marchands ambulants que nous avions rencontré la dernière fois ne sont pas prêts à quitter les lieux de sitôt, étant donné que ce commerce est leur seule source de revenus en cette période de crise.
Une jeune femme de teint clair, la trentaine à vu d’œil, gérante d’un magasin de prêt-à-porter pour enfants, estime que les ambulants doivent quitter ces lieux au plus vite : « Ces revendeurs rognent nos bénéfices escomptés ». A preuve, elle donne un exemple : « Avant qu'ils arrivent, ma boutique refusait du monde à cette heure [12h30], mais maintenant les gens préfèrent acheter moins cher, chez les ambulants, les chaussettes, et autres articles pour leurs enfants », soutient-elle, tendue comme un arc. Son voisin Mamadou abonde dans le même sens. Ce spécialiste dans la vente de CD et de matériel électroménager a subi, lui aussi, de plein fouet le boom des petits commerçants ambulants. Il s’offusque du fait que ces derniers ne payent pas de loyer, et s’en sortent au finish mieux qu'eux. « Je risque de fermer ma boutique et de faire comme eux », menace-t-il.
Une solution peut-être pour garder ses clients : privilégier la qualité. Hassan, un Libanais pur jus, ne souffre nullement de la présence des marchands ambulants. Etabli à Ponty il y a quelques années, ce commerçant vend des sacs de ville, valises et tissus, entre autres. « Les marchands et moi offrons peut être des produits qui se ressemblent à première vue, mais c’est la qualité qui diffère. Et franchement toutes mes affaires marchent bien, Dieu merci. Si ma clientèle m’est fidèle c’est parce qu’ils sont satisfaits de la marchandise que je leur offre », soutient-il, tout en arrangeant sa boutique pleine de clients. La gérante de la boutique qui est à quelques encablures de là, vend, quant à elle, des chaussures pour femmes. Elle dit également ne pas être concernée par cette concurrence. Vêtue d'un tailleur sur mesure, tête bien faite, cette belle dame d’une quarantaine d’années déplore cependant la façon dont ces marchands ambulants abordent les clients. Parfois ils suivent une personne jusque dans ma boutique pour lui vendre un article. Et ce n’est pas du commerce, c’est un harcèlement », conclut-elle.
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Samedi 4 Juillet 2009, 16:43
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