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Les conflits plombent les économies africaines

Mardi 12/05/2009 | Posté par Papa Keita

Les conflits ont un impact considérable dans le retard économique de l’Afrique. La révélation a été faite par les économistes de la BAD lors de la présentation du rapport 2008 sur le développement en Afrique. Outre les conflits, le rapport indexe la corruption et la mal gouvernance comme étant des obstacles à l’épanouissement des économies africaines

Le Rapport 2008 sur le développement en Afrique a livré ses secrets au Méridien Président où la cérémonie de restitution a eu lieu. En marge des 44èmes Assemblées Annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD), qui se réunit à Dakar.

Le rapport dont le thème est : « règlements des conflits, paix et reconstruction en Afrique », révèle que les conflits qui minent le continent dynamitent de l’intérieur tous les efforts de développement consentis pendant des décennies. Avec des Etats fragiles hérités de la colonisation et un tissu social mal ficelé, une seule brindille peut mettre le feu à toute la plèbe. Certes, il est plus facile de s’engager dans des guerres dont on ne connait jamais l’issue ni le temps qu’elle prendra pour parvenir à la paix des cœurs, mais le temps de la reconstruction restera un lourd héritage pour les futures générations, diagnostique Léonce Ndikumana, Directeur du département de recherche sur le développement à la BAD.

Parmi les raisons principales des conflits qui naissent un peu partout sur le continent, le rapport pointe le doigt sur les prises de pouvoir par l’armée ou suite à un coup d’Etat. L’expérience a montré que la prise du pouvoir par des voies anti-démocratiques est la voie la plus courte pour déboucher à une guerre civile. Avec à la clé des milliers de morts civils souvent acteurs de premier plan dans la marche de l’économie.

Les flux de réfugiés en déplacement permanents imposent aux pays accueillants la lourde et difficile mission de la cohabitation apaisée. A cela s’ajoute la réinsertion des prisonniers de guerre et des ex-combattants dans la société. Ceci passe nécessairement par la création d’emploi viable pour leur permettre de reconstruire leur vie détruite par la folie des nations. Non sans oublier les querelles ethniques et les logiques de clan qui ont plongé des communautés voisines qui entretenaient d’excellents rapports dans la haine la plus viscérale, parfois, pour des raisons injustifiées.

Nul n’ignore que le continent africain est pourvu en ressources naturelles, mais la redistribution des richesses au niveau de la base, c’est là où le bât blesse tristement. Les populations locales, surtout les plus pauvres et les plus démunies, ne profitent guère des avantages que la nature leur à offert gracieusement. Les richesses sont accaparées par une élite qui n’a que le souci de sa préservation au niveau du pouvoir. Dans un tel contexte, les frustrations peuvent s’accompagner d’une action violente de la part des « oubliés » de la fracture sociale. Qui parle de richesses naturelles a en ligne de mire la notion de bonne gouvernance. Et la sentence n’est pas molle : il y a beaucoup de mauvais élèves même si des efforts sont notés dans quelques pays. Mais la plus grande majorité peine à trouver l’antidote adéquat contre ce cancer. La bonne gouvernance doit aller de pair avec la bonne santé démocratique à laquelle aspire la plupart d’entre eux. L’un n’exclut pas l’autre. Au contraire elles sont complémentaires. C’est la raison pour laquelle la BAD considère qu’elle est l’un des plus grands chantiers des pays africains dans les prochaines années.

Toujours dans le rapport 2008-2009, on apprend que la BAD compte s’attaquer ouvertement et résolument à l’épurement de la dette des pays africains. Pour affecter ces ressources qui ont été générées, à la construction des infrastructures mais aussi des services sociaux de base notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation. Le rapport a aussi mentionné que la dette n’est pas non seulement un élément asphyxiant pour l’Afrique, mais que son annulation peut être la panacée pour beaucoup d’économie africaine à fouetter leur tissu économique. L’épurement de la dette des pays comme le Ghana et l’Ouganda ont montré des signes encourageants dans ce sens.

Enfin, avec le "tsunami" économique parti de Wall Street qui a dévasté la planète, les prévisions tablent autour de 2,8% alors que le taux de croissance attendu pour cette année se chiffrait à 5%. Cependant, un retour normal est attendu en 2010 par les économistes de la BAD.

Papa Keita -