RUBRIQUE :
Les étudiants lâchent leurs professeurs dans la douleur
Lundi 14/03/2011 | Posté par Mamadou Sane
Vu l’année académique qui tire progressivement à sa fin, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop ont décidé de se désolidariser des enseignants du Saes. Ils l’ont manifesté toute la journée du jeudi. Leur affrontement avec les forces de l’ordre a causé une douzaine de blessés et des arrestations.
La journée de jeudi a été super chaude à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Pour exiger le retour des professeurs dans les amphithéâtres et salles de travaux dirigés, les étudiants issus de différentes facultés de l’Ucad ont passé toute une journée à affronter les forces de l’ordre sur l’avenue Cheikh Anta Diop. Du coup, les travaux d’élargissement de la voie menant au monument de la renaissance ont été fortement perturbés.
Les véhiculent également ont dû changer d’itinéraire pour éviter les cailloux des étudiants protestataires qui n’hésitent pas à en jeter aux plus téméraires. Cette journée d’affrontement a occasionné une douzaine de blessés parmi les étudiants et une dizaine d’interpellation. « Nous en avons plus qu’assez de cette grève des professeurs. Nous sommes maintenant tout près d’une année blanche parce que non seulement nous ne faisons pas cours, mais il n’est même pas sûr qu’on puisse passer les examens », s’inquiète Badara Sylla, étudiant à la Fac Lettres. Les policiers, à un moment donné, n’ont pas hésité à rentrer dans la cité à la poursuite de certains d’entre les grévistes.
Depuis plus d’un mois, les professeurs affiliés au Syndicat autonome des enseignants du supérieur observent une grève pour exiger du gouvernement le respect des accords signés et qui comprennent entre autres, l’amélioration des conditions de travail à l’université, l’achèvement sans délai de leur seconde cité sise à Mermoz. Ils réclament aussi une augmentation conséquente des budgets des universités, notamment celui de l’Ucad arrêté à 19 milliards et amputé de 464,4 millions de francs CFA par rapport au budget précédent. Conscients de la légitimité de ce combat, les étudiants ont estimé devoir se joindre à eux car ils se retrouvaient dans les revendications de leurs professeurs. Maintenant, vu la situation qui perdure, ils semblent se désolidariser et déterminés à leur faire reprendre le chemin des amphis. « Je suis tout à fait d’accord que si on n’est pas heureux dans ce que l’on exerce, qu’on le manifeste, mais il faut aussi penser aux conséquences que cela peut engendrer. Aujourd’hui, la réalité est qu’on ne sait plus à quel saint se vouer », estime Malamine Diakhaté, étudiant à la Fac de Droit. Les étudiants tiennent coûte que coûte à la fin de la grève qui a rendu oisifs bon nombre d’entre eux. Ceux qui habitent non loin de l’Université ont préféré regagner leur domicile en attendant de voir l’issue de ce mouvement enclenché par les enseignants du Saes.
Commenter l'article


Par Anonyme