RUBRIQUE :
Les îles de la Madeleine préoccupent les Lébous.
Lundi 25/01/2010 | Posté par Mamadou Sane
La collectivité léboue de Dakar compte passer à la vitesse supérieure pour protéger le parc national des îles de la Madeleine. Une fondation va être mise sur pied pour protéger ce site de haute densité de diversité biologique située à 3,6 km de Dakar.
Depuis quelques années, le parc des îles de la Madeleine est victime d’agressions. Sa particularité dans la conservation des ressources maritimes n’y est pas étrangère. Avec la raréfaction des ressources halieutiques sur les franges côtières de la presqu’île du Cap-Vert, la bande maritime incluse dans le parc, lieu de reproduction d’espèces de poissons, fait l’objet de multiples pressions des Hommes.«Ce qui nous réunit ici chaque année au bord de l’Atlantique a certes une connotation culturelle voire mystique, mais sa finalité concerne véritablement tout le monde car nous sommes en train de détruire notre environnement avec tout ce qui le compose», avertit le vieux Alioune Diagne Mbor, président de la collectivité léboue (groupe ethnique du Sénégal, pêcheur de tradition et originaire de la région de Dakar). Il regrette de voir les lieux cultuels de sa communauté faire l’objet de toutes sortes de profanation. La collectivité léboue de Dakar a des sites sacrés, dit-il, qui sont en train d’être profanés par tout le monde. Il pointe particulièrement du doigt les braconniers peu enclin à la préservation de la biodiversité.
Pour la conservation, cet important site érigé en forêt classée depuis 1949 par l’autorité coloniale d’alors, une fondation sera mise sur pied, dans le but de combler les insuffisances encore notoires pour sa survie. Cette journée annuelle de la collectivité, a permis de jeter les bases de la fondation, dont le plan d’aménagement et de gestion vient d’être validé avec le soutien de la composante Ecosystème du programme Girma C2. Ses actions vont tourner autour de la protection de la biodiversité, tout en prenant en compte, les aspects socio-économiques (pêche et tourisme) et les potentialités culturelles liées à la sacralité du site.
Découvertes vers les années 1444 par Denis Diaz, navigateur portugais, les îles de la Madeleine abritent 107 espèces réparties dans 87 genres et 37 familles animales et végétales. Elles font l’objet de croyances populaires et mythiques encore vivantes dans la communauté léboue de la région de Dakar. Chaque année, pour conjurer le mauvais sort, des pratiques rituelles sont menées dans quatre zones. Ce parc distant de 3,6 km de la capitale, est désigné comme un des abris de «Leuk Dawër», génie protecteur des communautés traditionnelles de Dakar.
Commenter l'article


Par MG