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Les journaux, c’est sa vie !

Mardi 10/05/2011 | Posté par Mamadou Sane

Depuis 28 ans, Mamadou Sy vend les nombreux quotidiens publiés au Sénégal. De simple vendeur à la criée à ses débuts, il a aujourd’hui une centaine de revendeurs. Au fil des ans, il est devenu un véritable personnage au point E, son lieu de travail.

Sa chambre est un véritable dépôt de journaux et magasines. C’est chez Mamadou Sy, vendeur de journaux, hormis son matelas et son poste téléviseur et les chaises mise à la disposition des visiteurs, tout l’espace sert à stocker les invendus renvoyés par ses prestataires à la fin de leur journée de travail. Large sourire aux lèvres, un boubou noir chaud, une pile de journaux sous le bras, cet originaire de Thiélao dans le département de Podor au nord du Sénégal, de forte corpulence et élancé, fait de la distribution du produit fini des journalistes, sa principale préoccupation depuis plus de 28 ans.

« J’ai commencé la  vente en 1983. Comme tous les jeunes que vous voyez faire ce métier, j’ai débuté en vendant dans la rue à la criée. J’ai vu alors une porte par laquelle je pouvais passer pour gagner quelque chose pour subvenir à mes besoins et aider ma famille », révèle-t-il. Véritable chef d’entreprise, Mamadou Sy est sur pied dès les premières heures de la journée. Le temps étant très précieux à ses yeux, il ne perd pas une minute pour bien remplir sa journée. Sa voiture, loin d’être luxueuse, l’aide quand même à être ponctuel dans ses activités. « Je suis d’habitude sur pied dès 3 heures du matin. Seulement maintenant, on est souvent très ralenti par la livraison tardive des journaux. Du coup, cela se fait ressentir dans nos recettes car il nous arrive d’attendre jusqu’à 11 heures », explique-t-il.

Sans relâche

Sa journée de travail bien entamée avec la distribution des quotidiens aux revendeurs, il regagne la quiétude de son appartement, à la Gueule Tapée, le temps de faire une petite sieste, avant de reprendre ses occupations. Qui, dit-il, ne se limite pas à la vente de journaux et magasine au Point E, quartier de ses débuts. « Il suffit qu’on accuse du retard à l’imprimerie pour que je sois obligé de travailler presque 24h/24, car je n’aurais pas de temps pour me reposer un peu », confie-t-il. Père de deux garçons encore à l’école dans sa région natale, Mamadou Sy, collabore avec les propriétaires de tous les quotidiens. « Chacun a son propre quota même si nous nous sommes constitués en association. L’importance d’un marché contrôlé par une personne est fonction du nombre de personnes avec qui elle collabore ».

Solitaire à ses débuts, Ndiol Sy comme l’appellent ses proches, emploie aujourd’hui plus d’une centaine de personnes. Sans exception, il livre à ses vendeurs et clients tous les quotidiens du pays. Même s’il ne se plaint pas trop, il avoue que la vente était plus lucrative durant les années 80, malgré la prolifération de journaux et magazines. « Je rends toujours grâce à Dieu pour tout ce que j’ai dans ce travail. Le problème fondamental est qu’aujourd’hui nous livrons notre marchandise à crédit. Ce qui fait un manque à gagner ».

En dehors de ce travail, M. Sy mènent d’autres activités qu’il se garde de divulguer pour autant. « Même si j’arrivais à abandonner la vente de journaux je ne chômerai pas car avant tout je suis agriculteur et éleveur. J’ai beaucoup de troupeaux et de champ dans mon village natal ». Le quotidien de Mamadou, c’est aussi ces petites querelles entre lui et ses clients à cause de la qualité de certains tirages. « Cela fait aussi partie de ce qui nous handicape le plus. Le lecteur qui se retrouve avec un exemplaire mal imprimé ou un passage illisible vient automatiquement se plaindre auprès de nous alors que nous n’en sommes pas responsables».

 

 

 

Mamadou Sane -