RUBRIQUE :
Les journaux se font désirer
Vendredi 12/03/2010 | Posté par Maguette SEYE
Pas de points de vente de journaux dans la région. La RTS est la seule chaîne de télévision suivie. Mais pour ce qui est de la radio, on y a le choix entre Kédougou Fm, RSI et la Chaîne nationale.
«Ce que dit la charte des Assises nationales : Pour un Sénégal nouveau, dix commandement». Ce titre qui a barré la une du «Populaire», est arrivé une semaine plus tard à Kédougou et à Salémata, également. Un agent de la brigade de la gendarmerie le tenait fièrement lors de la célébration de la journée culturelle Bassaris. Si, pour les gens de Dakar et d’autres régions l’information est dépassée, ce jour-là, à Kédougou, il en est autrement.Si à 8 h, certains coins du pays sont déjà servis en journaux de la presse nationale, ici tel n’est pas le cas. Les éditions reçues peuvent dater de plusieurs jours. Pour celles du jour, il faut se rabattre sur Tambacounda où arrivent, avec 48 heures de retard, seulement, par les «horaires» (les cars qui font la navette entre Dakar et Kédougou), les piles de journaux de la semaine écoulée.«On n’en reçoit pas. Parfois, ce sont nos amis qui nous envoient ceux de toute la semaine passée par car. On peut se rabattre sur Internet, mais le débit de connexion est lent» , dit le gendarme Ibrahima Touré.
Assis devant un cybercafé du marché central, Ibrahima Diallo, un inspecteur, se plaint, lui aussi : «Nous vivons difficilement cette situation. Moi, il m’a fallu acheter une parabole à 175.000 FCFA pour avoir d’autres chaînes d’information. A un moment donné, je ne pouvais pas faire autrement. Sinon, je serais obligé de regarder la RTS où l’on nous montre le président de la République pendant trente minutes.» «Avant, les journaux arrivaient avec quatre ou cinq jours de retard. Aujourd’hui, il n’y en a pas dans la région», lance-t-il au moment où le gérant du cybercafé est venu lui demander l'objet de notre visite. Cette situation ne semble guère ébranler un technicien de laboratoire, Vincent Boompeny. Sur le terrain de sport jouxtant l'ancienne maison du préfet, il confie «Je ne suis pas de ceux qui sont mal informés. J’ai toutes les chaînes d’information nationales et internationales». «Comme je ne suis pas trop presse écrite, je ne m’inquiète pas si je ne vois pas de journau», indique-t-il en faisant des mouvements de bras pour sa gymnastique.
Le correspondant de la radio télévision «Walfadjiri», Soly Bourama Dabo, nous apprend qu’il avait «entendu dire qu’il y avait des points de vente de journaux à Kédougou avant 1996. J’ai essayé d’entrer dans ce créneau entre 2000-2001. Mais je ne vendais que ceux de mon organe. Comme les gens achetaient à crédit et qu’ils ne remboursaient pas, j’ai fermé boutique». Pour leur part, les élèves du lycée Maciré Bâ de Kédougou tentent de donner une vie à l’information. «Nous avons relancé le journal de notre école, cette année, et nous avons produit un numéro portant la date d’octobre 2008», confie, dans son bureau, le proviseur de cet établissement, Mamadou Moustapha Faye, dans son «sabador» vert olive. Ses journalistes en herbe ont, tant bien que mal, traité des événements de Kédougou, de l’exploitation de l’or et du fait que la région soit un carrefour de rencontres de plusieurs ethnies. Mais le hic est que le journal n’est pas vendu au dehors. Pour participer davantage à l’information de son école, M. Faye semble avoir trouvé la parade. «Après la réfection de la case-foyer, nous ferons venir les journaux, de Tambacounda, pour les professeurs et élèves», dit-il encore. Il reste aux Kédovins la radio communautaire. Elle émet depuis 2005 mais elle connaît des insuffisances. Kédougou FM émet avec 250 watts, sur un rayon de 43 km, au lieu des 50 prévus par le cahier des charges pour les radios communautaires associatives. Peut-être qu’avec l’exploitation de l’or les patrons de presse s’intéresseront davantage à cette capitale régionale…
Maguette SEYE
Commenter l'article



Par Romuald