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Les politiciens s’invitent à la marche des journalistes
Lundi 30/06/2008 | Posté par Youssouph Bodian
Le feuilleton des journalistes agressés par des policiers lors du match Sénégal-Libéria est loin de son épilogue. Après les nombreuses condamnations enregistrées à travers les médias, les journalistes sont passés à l’acte ce samedi 28 juin. Une marche a été organisée pour protester contre la violence dont a été victime Boubacar Kambel Dieng et Karamoko Thioune. Les politiques étaient aussi de la partie
Dans les rangs des marcheurs, on peut remarquer une forte présence des leaders politiques, et des associations de la société civile. On peut citer entre autre, Moustapha Niasse de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), Abdoulaye Bathily de la Ligue Démocratique / Mouvement pour le Parti du Travail (LD/MPT), Aliou Dia de la Convergence pour le Renouveau et la Citoyenneté (CRC), Ousmane Sow Huchard du Parti Ecologiste, Aïssata Tall Sall et Barthelemy Dias du Parti Socialiste, etc. Ils se sont tous joints aux journalistes pour marcher de la Place de l’Obélisque à la Poste de la Médina. Si certains d’entre eux se préoccupent de la marche, d’autres par contre semblaient être plus intéressés à accorder des interviews. Leurs déclarations se terminaient pour la plupart par des propos qui souvent n’avaient rien à voir avec l’objet de la manifestation.
A la question de savoir pourquoi ils étaient présents ? C’est la même réponse qui revient. Barthélemy Dias, responsable des jeunes socialistes, venu représenter le Secrétaire Général de son parti, répond : « je suis venu manifester tout mon soutien aux journalistes agressés par une police qui devient de plus en plus violente envers les honnêtes citoyens. Je suis là pour dénoncer ces actes déplorables qui n’honorent pas le Sénégal. C’est ce que je considère comme du terrorisme et du banditisme d’Etat ». Toutefois, son point de vue n’est pas partagé par Moussa Tine, député du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) venu lui aussi apporter son soutien aux victimes. Sa présence n’a pas été appréciée par certains marcheurs qui l’ont accueilli avec des huées. S’adressant à la presse, il a déclaré : « je suis certes du PDS, mais je suis avant tout un citoyen, donc j’ai le droit de venir marcher comme tout le monde. Cet acte est plutôt une bavure policière comme on a l’habitude d’en voir tous les jours. Néanmoins, j’interpelle le Président de la République et le Ministre de l’Intérieur, pour que ce problème soit résolu très rapidement ». Il interrompait par moment son speech pour répondre à un marcheur qui tentait de lui faire savoir qu’il n’avait pas sa place ici. A coté des politiciens, on peut noter la présence de guides religieux comme Serigne Modou Bousso Dieng, Président du collectif des jeunes marabouts du Sénégal. Il a condamné lui aussi ce qui est arrivé à Kambel Dieng et Kara Thioune : « l’Etat doit prendre des mesure contre ces policiers qui ternissent l’image de notre démocratie ».
Cette présence massive des politiciens, et autres, est déplorée par certains participants à la marche. C’est le cas de cet étudiant pancarte à la main, sur laquelle est écrit : « agression policières : plus jamais ça ». Il pense que « les politiciens ne se préoccupent que de leurs intérêts. Ils veulent profiter de la marche pour se faire voir et régler leurs problèmes politiques avec le gouvernement. Les étudiants sont toujours agressés par des policiers, mais on ne les voit jamais. C'est parce qu'ils savent qu'avec les journalistes, ils ont la chance d'être vus et entendus qu'ils sont là ». Babacar Fall, journaliste à la Radio Futurs Médias (RFM) où travaille Kambel Dieng, un des deux journalistes tabassés, ne trouve aucun problème à cette présence des politiques : « c’est d’abord une affaire de sénégalais. Nous tous qui sommes là, sommes différents dans nos provenances et nos croyances. Politiciens, syndicalistes, journalistes, nous luttons tous aujourd’hui pour la même cause. Donc, ça ne me dérange pas qu’ils soient là, parce que bon nombre de sénégalais sont tous les jours victimes de ces actes déplorables ».
Les politiciens ont fait parler d'eux comme ils savent si bien le faire. Mais, heureusement, ils n'ont pas pu faire de la récupération, car les organisateurs avaient pris la précaution de mettre en avant les patrons de presse.
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Par MG