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Les producteurs d’oignons ragent contre l’Etat

Mercredi 13/04/2011 | Posté par Papa Keita

Le prix de 250FCfa fixé pour le kilo de l’oignon local n’est pas du goût des producteurs de la filière. Selon eux, ce prix est au dessus du prix normal, qui doit être en principe dans la fourchette de 100 à 150 FCfa. Et pire encore, ils dénoncent leur mise à l’écart au profit de l’oignon importé.

La fête était partie pour être belle. Les organisateurs n’ont pas lésiné sur les moyens pour mettre les petits plats dans les grands. Mais cela n’a pas suffi pour masquer le malaise. Au moment du lancement de la campagne de commercialisation de l’oignon local, les agriculteurs et producteurs de la dite filière ont tout simplement mis les pieds dans le plat. Comme s’ils se sont passé le mot, ils ont tout simplement perturbé le bon déroulement de la cérémonie officielle.

A l’origine de leur colère, le prix de 250 FCfa pour le kilo de l’oignon local fixé par l’autorité et les commerçants affiliés à l’Union Nationale des Commerçants et Industriels du Sénégal (Unacois). Selon eux, le prix fixé par l’Etat et annoncé par le ministre du Commerce présent à la manifestation, est en porte-à-faux avec le prix sur le terrain. « Même avec 100FCfa vous pouvez avoir un kilo d’oignon. Dire qu’ils ont acheté le kilo à 250 Fcfa, c’est de la politique politicienne et nous ne sommes pas de ce genre », déclare rageusement, Moussa Ndao, agriculteur de son état. « Venez à Thiaroye, vous pouvez avoir de l’oignon à moindre coût », jure-t-il, tendu presque comme un arc.

« Ce que nous avons vu ici, c’est de la théâtralisation pure et simple », commente Mbaye Sall, président de l’Association des producteurs d’oignons de la vallée. Selon lui, le prix de 250 FCfa fixé pour le kilo d’oignon est surréaliste. Outre la zizanie qui entoure le prix du kilo de l’oignon, les producteurs sont aussi révoltés par l’entrée massive de l’oignon importé. Qui tue à petit feu la filière. En effet, depuis l’arrêt de l’importation le 01 mars dernier, les producteurs soupçonnent l’Etat de mener un double jeu, qui ne dit pas son nom. « Le jour même où ils ont déclaré l’arrêt des importations, on a fait entrer sur le territoire national deux bateaux remplis d’oignons », accuse Moussa Ndao. « L’oignon qui vient des Pays- Bas a inondé le marché », poursuit-il. « A chaque année, c’est le même drame qu’on vit. On nous annonce l’arrêt des importations, mais en vérité l’Etat ferme les yeux », analyse Mbaye Sall dépité. Avant de s’interroger sur l’utilité de l’Agence de régulation des marchés (Arm). 

Conséquence de toute cette désorganisation dans la filière, les producteurs ont le sentiment d’être abandonnés à leur propre sort. Ils cultivent, mais ne rentabilisent point. « Beaucoup d’entre nous croulent sous le poids des dettes. Parce que nous ne pouvons plus écouler nos produits », déplore l’un d’entre eux.

Papa Keita -