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Les « Wesh-wesh » à l’honneur…

Lundi 07/09/2009 | Posté par René

Les vacances à Dakar, c’est aussi les wesh-wesh. Il est quasi impossible de se promener dans les artères de la capitale, les plages ou les boîtes de nuit sans les croiser. René a rencontré un d’entre eux

On les surnomme les « wesh-wesh » ou les « venants ». Ils viennent de l’étranger-d’Europe- plus précisément de « Paname ». C’est le nom qu’ils ont donné à la vielle capitale de la France : Paris. Pour la petite histoire, les « wesh »sont des sénégalais de nationalité ou d’origine. La plupart d’entre eux ont fait plusieurs années à l’étranger. Et après quelques années de cours  ou de dur labeur, ils viennent profiter des vacances et rendre visite à leurs familles respectives.

Un wesh, j’en ai rencontré. Son surnom, Kyle. C’est un petit bonhomme d’une vingtaine, casquette bob sur le crâne, un petit sac en bandoulière, culotte à rayure noir, et iphone toujours plaqué à la main. Partout où il passe dans son quartier à Grand-Yoff- une banlieue de Dakar- il subjugue. Et pourtant il fait partie des « wesh » qui ont souffert du martyr, remué ciel et terre pour se faire de la tune-argent- et venir à Karda-Dakar- pour les besoins d’une vacance bien méritée. « Au début, c’était impressionnant. Je me disais que se serait facile de me taper de la tune, pour très vite repartir à Dakar ». Mais se sera peine perdue. Kyle se présente à l’université Paris Descartes pour d’éventuel renseignement et se fut la grande surprise. « On m’a dit qu’il fallait verser 400 euros pour les inscriptions. Moi je n’avais absolument rien à part une maudite somme de rien du tout. Il a donc fallu que mes parents m’envoient cette somme pour que je puisse m’inscrire. » me dit-il d’une voix hésitante. Le jeune homme ne s’arrête pas là. Conscient de la dureté de la vie à « Paname »-Paris-, il décide de trouver un petit travail pour pouvoir supporter ses dépenses. « D’abord, j’ai trouvé un boulot à la BVA, c’est une entreprise de sondage. On me payait 400 euros le mois. Après mon contrat avec BVA, je me suis engagé avec KFC –une entreprise de restauration rapide- et c’est là que j’ai eu la chance de me taper un contrat à durée indéterminée, avec un salaire de 400euros par mois ». Et après deux ans de navette entre les amphithéâtres de l’université et le resto, Kyle décide de rentrer à Dakar pour les vacances. « J’ai ouvert deux comptes bancaires… » raconte-t-il en souriant, dans sa chambre exigüe, emmitouflé d’une serviette.

A Dakar, ou Karda en verlan, le jeune homme découvre une ville complètement métamorphosée, à l’exception de son quartier Grand-Yoff. Avec 800euros comme argent de poche, il distribue la moitié de son capital à ses amis, ses parents et à son marabout. Le reste de l’argent doit revenir à ses activités. « C’est pour le « blow », les meufs-femmes- les sorties entre copains » rengorge-t-il.

Le week-end commence les activités sérieuses. La plage le samedi avec les amis, sa petite amie. Le soir, avec les va et vient incessants entre les boites de nuit et les beach party à la voile d’or; où on loue une chambre à 15000fcfa pour 2heures de temps, et où l’heure est aux bêtises. Le dimanche, on se repose, on gratouille sa guitare en entendant le soir pour des escapades nocturnes dans les casinos du coin. « C’est le paradis Dakar ! »confie-t-il. Optimisme ou méthode Couet ? En tout cas Dakar vie les vacances aussi, avec ses belles créatures. « Vous savez, depuis que je suis venus j’ai pas eu le temps de draguer une fille. C’est tout à fait le contraire, c’est elles qui viennent vers moi. Moi je me contente juste de dire que je viens de Paname et après je leur file mon numéro…C’est facile vous allez me dire. » le jeune homme se marre.

Et pourtant, Kyle sais que sa vie n’est pas à Paris, mais ici. « J’aimerais bien rester ici, Paname c’est dur, vraiment dur. » me dit-il; il se lève lentement les mains sur les hanches, baisse ses yeux, puis regarde le ciel.

René -

Réactions des internautes

Romuald
Mercredi 9 Septembre 2009, 19:50
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C’est un petit bonhomme d’une vingtaine, casquette bob sur le crâne, un petit sac en bandoulière, culotte à rayure noir, et iphone toujours plaqué à la main. Partout où il passe dans son quartier à Grand-Yoff- une banlieue de Dakar- il subjugue.
En France et notamment à Paris, 800€ ne permet pas de vivre décemment, à moins de vivre dans une piaule louée à prix d'or par un mrachand du sommeil verreux, de ne pas manger tous les jours et de rester cloîtré chez soi.

J'imagine que ce jeune homme survit plus qu'il ne vit et qu'il a terriblement dû se serrer la ceinture pour se payer un billet d'avion pour Dakar.
Et encore, il est suffisamment débrouillard pour s'être trouvé 2 jobs.


Ce qui est finalement un peu triste, c'est qu'en frimant là-bas, il donne l'illusion à celles/ceux restés au pays qu'en France, tout est facile, qu'il roule sur l'or etc...
Ce genre de comportement, adopté par les "wesh-wesh" qu'ils soient Sénégalais/Maghrébins etc d'origine ou Français d'origine sénégalaise/maghrébine etc, ne constitue-t-il finalement pas une sorte d'"invitation au voyage" qui dans les faits s'avère souvent être une route vers l'enfer?...


J'avais lu sur le DkBBlog un article dans lequel un jeune homme qui avait tenté l'aventure en France était revenu s'installer à Dakar.
Je ne sais plus du reste s'il tentait de dissuader d'autres Sénégalais d'émigrer en France. J'ai également lu dans un autre article qu'en raison des conditions plus drastiques d'émigration, les Sénégalais optaient plus volontiers vers les pays anglo-saxons...

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