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LG, vigile monte la garde la peur au ventre
Lundi 14/12/2009 | Posté par Papa Keita
On parle rarement d’eux : les vigiles. Et pourtant, ils ont leurs petites histoires et parfois une certaine frustration à évacuer par rapport à leur condition de vie...
Le regard fuyant, un physique beaucoup plus proche d’un poids lourd que d’un poids plume, LG, la cinquantaine, préfère ce diminutif plutôt qu’à son nom complet pour ne pas subir les représailles de ses employeurs, s’apitoie sur son sort,à chaque fois qu’il évoque sa situation précaire. Depuis dix ans qu’il officie dans une structure de la place, il n’a ni vu ni constaté sa situation sociale connaître une courbe ascendante. Au regard du travail épuisant et risqué qu’il abat sur le terrain.
« En dix ans de bons et loyaux service, je suis toujours à la case de départ. Le maigre salaire que je perçois à la fin du mois ne peut même pas couvrir mes frais», avance-t-il, l’air tendu. LG ne bénéficie ni d’assurance maladie ni de couvertures sociales dignes d’un travailleur. Quand il tombe malades, il est obligé de se prendre en charge, lui-même, sous peine de périr.
« Je ne bénéficie pas d’assurance maladie et à chaque fois que je tombe malade, je paye moi-même mes médicaments », soutient-il. Avant d’ajouter qu’ « au Sénégal les vigiles meurent dans l’anonymat le plus total sans aucune assistance ».
A preuve, il révèle qu’un de ses collègues a perdu la vie récemment. Dès suite d’une longue maladie, qui l’a cloué au lit. « Rien n’a été fait pour le tirer d’affaire», s’indigne LG.
Employé à titre précaire et révocable à tout moment, faute d’un contrat de travail bien ficelé, mon interlocuteur sait bien que son sort ne tient qu’à un fil. Du jour au lendemain, il peut être remercié sans aucun motif justificatif.
« Je ne suis protégé par un aucun texte juridique. Même la façon de nous payer se fait de façon informelle. La moindre des choses pour un travailleur, c’est de détenir au moins un bulletin de salaire », avance-t-il.
En effet, les agents de sécurité travaillent 24h sur 24h avant d’être relevés de leur poste par un collègue. En outre, ils bénéficient de quarante huit heures de repos. Ces heures creuses, certaines les mettent à profit pour trouver un boulot afin d’arrondir les angles à la fin du mois.
Néanmoins, LG espère voir un jour avec un coup de grâce de la divinité, le bout du tunnel. Car, selon lui, « être vigile, n’est pas synonyme de misérabilisme.» En attendant, il continue de monter la garde avec toujours la trouille au ventre de perdre son boulot où de se faire abattre par un voleur.
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Par Anonyme