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Logement provisoire, casse-tête des étudiants
Mercredi 15/09/2010 | Posté par Mamadou Sane
Pour les étudiants venus des régions du Sénégal, trouver un logement provisoire le temps des vacances relève d’un vrai parcours du combattant. Pour s’en sortir, ils se cotisent et louent une chambre en attendant la réouverture de la cité universitaire.
Les vacances sont loin d’être synonymes de réjouissance pour bon nombre d’étudiants sénégalais venus de l’intérieur du pays. La fermeture de la cité universitaire les pousse à chercher des abris provisoires le temps des trois mois sabbatiques. Les coins les plus sollicités restent les environs immédiats de l’université Cheikh Anta Diop. Mais à quel prix ?
Une chambre à 40 000 FCFA (61 euros)
Dans le quartier de Gueule Tapée, localité située non loin de l’ucad, les étudiants locataires croisés font part de difficultés liées à leur logement provisoire et à la cherté du loyer. «Trouver une chambre n’est pas chose facile à Dakar. Ensuite, il faut donner une garantie qui consiste à payer 2 mois à l’avance au propriétaire et un mois au courtier. Je débourse 45 000 FCFA (69 euros) par mois, j’en aurai pour trois, le temps de retourner à la cité universitaire», explique Bamba Diakhaté, étudiant à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, originaire de Diourbel. Pour lui, le problème est que ces 45 000F ne concernent pas l’eau et l’électricité. En outre, le maître des lieux ne tolère aucun branchement pour les chauffe-eaux, fer à repasser électrique et autres matériel électronique à grande consommation de courant. Ce n’est pas tout, Bamba raconte qu’ «avant d’obtenir les clés de ma chambre, il a fallu que je débourse 120 000 FCFA (183 euros). Les 40 000 FCFA reviennent au courtier et le reste est pour le bailleur. C’est incroyable !», S’indigne-t-il.
Des propriétaires impitoyables
Pour amoindrir la charge, certains étudiants s’associent pour s’acquitter du loyer. Abdou, Malick et Moustapha sont de la région de Saint-Louis. Ils ont décidé eux aussi de se trouver une chambre à Fass, le temps que dure leur stage. «Un stage étant obligatoire et non rémunéré, nous payons le loyer par notre bourse. On ne peut pas toujours compter sur les parents pour ça. Au contraire, c’est nous qui devons penser à leur en envoyer. Mais trouver 40 000 FCFA par mois n’est chose facile pour nous», révèle Moustapha.
La situation est identique chez les filles. Aïssatou Diallo qui partage une chambre à la gueule Tapée avec sa cousine, pense que les propriétaires d’immeubles devraient être plus compréhensifs envers les étudiants. «Je compte sur le peu d’argent que je gagne dans la boîte où je travaille depuis quelque temps pour honorer le loyer qui s’élève à 45 000F. Je voudrais bien rester là une bonne fois, mais le propriétaire de l’immeuble laisse entendre qu’il est possible qu’il augmente le prix», regrette-elle. Sa cousine, devant passer les examens de la session d’octobre a préféré rester à Dakar pour bien réviser.
Certains étudiants interrogés souhaitent que la direction du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (Coud) puisse céder à ceux venus des régions lointaines des chambres, le temps des vacances, mais surtout à l’approche des examens d’octobre. «Cela nous permettrait d’économiser un peu d’argent pour préparer plus sereinement chaque rentrée académique», estime Momar Ndiaye, étudiant en licence à la Fac de Droit.
Louer une habitation à un prix raisonnable est désormais presque impossible. Certes le confort et le quartier fixeront le prix mais il semble que tout le monde ait perdu la tête à Dakar. Malgré ses problèmes d’assainissement sérieux et ses poto-poto (la boue après la pluie) en période d’hivernage, la capitale continue d’entasser une population de plus en plus nombreuse.
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Par Anonyme