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Lougré Thiolly ou la grande mare aux oiseaux(1)
Mercredi 20/01/2010 | Posté par Youssouph Bodian
Cette année encore, l’UCAD a déplacé des étudiants en médecine, chargés de cours d'alphabétisation et des reboiseurs, dans huit localités du Sénégal.
Youssouph a participé aux activités citoyennes de l’Université Cheikh Anta Diop, en séjournant pendant une dizaine de jours à Lougré Thiolly. Cette une communauté rurale située à prés de 400km de Dakar, qui a été rattaché à la région de Matam (au nord) depuis 2006.
Pour se rendre dans ce village, il a fallu presque deux jours de voyage à la cinquantaine d’étudiants que nous étions. Le 09 août au matin, vers 10heures 30, nous quittons Dakar à bord de deux bus de l’université. Après une escale à Thiès pour le déjeuner et à Dara pour les besoins du dîner, nous arrivons à Téssékéré vers quatre heures du matin.
Le lendemain matin, nous embarquons ensuite à bord des camionnettes des Eaux et Forêts pour rallier Labgare où nous effectuons une autre escale dans le camp de nos camarades, le temps cette fois ci de prendre le petit déjeuner. Après cette étape, nous réembarquons à bord des camionnettes pour arriver à Lougré Thiolly vers douze heures. A notre arrivée, le spectacle était assez comique. Ce sont des étudiants fatigués, recouverts de poussière de la tête aux pieds, après un voyage passé à l’arrière d’une camionnette, sur une route cahoteuse qu'on découvre. Mais aussi des étudiants motivés et excités par l’idée de se sentir utile, pendant au moins une dizaine de jours, dans ce coin presque perdu dans les profondeurs du Sénégal
Lougré Thiolly est une localité très enclavée. En effet ce village ne dispose d’aucune piste permettant de joindre aisément le reste du pays. Pire, la communauté rurale est très souvent coupée du reste du monde en période d’hivernage. Après chaque pluie, le village est encerclée par l’eau, rendant impossible l’entrée ou la sortie de véhicules. Le décor qu’offre Lougré Thiolly à ses visiteurs est assez particulier. Il est constitué de grandes marres remplies d’eau, situées à quelques mètres des habitations presque uniformes. Autour de cette eau, s’abreuvent quotidiennement bétail et oiseaux. D’où le nom Lougré (bas-fond en peulh) et Thiolly qui veut dire oiseau. C’était un vaste bas-fond touffu habité par toutes les espèces fauniques et particulièrement d’oiseaux qui limitaient tout rendement agricole escompté. Ne pouvant plus cohabiter avec ces oiseaux granivores, les paysans ont transformé le site en lieu d’habitation et ont reporté leurs cultures en zones de plateaux.
Mais aujourd’hui, à Lougré thiolly, l’agriculture est presque inexistante, on est plus orienté vers l’élevage. Dans ce village, majoritairement constitué de peulhs, les populations sont particulièrement attachées à leurs bœufs qu’ils côtoient dans une parfaite symbiose. Mais derrière cette harmonie apparente, se cache un sérieux problème : le manque d’eau potable.
A suivre...
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Par MG