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MARBRE D’IBEL : L’or blanc tarde à luire
Jeudi 22/10/2009 | Posté par Fatou Gaye SECK
Si Sabodala est connu pour son or, Ibel l’est pour son marbre. Les réserves y sont estimées à des millions de tonnes. Mais l’exploitation de cette richesse reste très timide, pour le moment.
Le voyageur dont le véhicule passe près du village d’Ibel, à 22 km de Kédougou, ne peut rester indifférent, à la vue de ces collines se dressant sur le côté droit de la route. Le village y recèle une richesse, cette pierre blanche qui affleure sur les flancs de ces «montagnes» ou au ras du sol. Par endroits sa couleur se détache au milieu de la végétation et brille sous les rayons du soleil. Une ressource très précieuse, qui peut servir dans la construction. Toutefois, pour cela, il faut passer par une phase d’exploitation.Dans cette localité, c’est une société du nom de Sesimar qui a pris en charge son extraction. Dirigée par un certain Lamine Ndiaye, elle se trouve dans un état de précarité. Pour l’instant, Sesimar est une entreprise très artisanale, qui ne possède que cinq machines. Peintes en bleu, ces dernières tombent souvent en panne, comme nous le dit Saliou Kanté, le seul ouvrier trouvé sur les lieux, en cette matinée chaude où le soleil semble être déjà au zénith depuis plus de deux heures. Confrontée à de nombreuses difficultés, l’entreprise de Lamine Ndiaye, homme d’affaires sénégalais, est en partenariat avec des Italiens. «Ces derniers proposent du matériel contre du marbre», confie Saliou Kanté. A ce sujet, notre interlocuteur précise : «Nous faisons face à un manque d’équipements et de financement. C’est pourquoi les Italiens donnent des machines en échange du marbre». Ces problèmes handicapent largement l’exploitation du marbre. L’entreprise ne produit que 15 à 20 blocs par mois. Les soixante-dix ouvriers, tous Sénégalais ne perçoivent que 1500 FCFA par jour, plus un repas payé par le propriétaire de l’usine. Ce dernier envisage,selon M. Kanté, d’indemniser les populations déplacées pour les besoins de l’exploitation du marbre sur ce site qui s’étend sur environ 4 ha.
LES AUTORITÉS FONT LA SOURDE OREILLE
Pour faire face à ces difficultés, les exploitants ont maintes fois interpellé les autorités. Mais, depuis, rien que des promesses. «L’ancien ministre des Mines, en l’occurrence Madické Niang, était là il y a de cela six mois. Il nous avait promis de parler avec le chef de l’Etat mais depuis lors rien», se désole M. Kanté, vêtu d’une tenue bleue, une casquette sur la tête. Actuellement, les travailleurs essaient de s’en sortir avec les moyens du bord. Ils envisagent d’aider, à travers des activités de maraîchages, les habitants de la localité estimés à 1 300 personnes. D’ailleurs, certains d’entre eux vivent dans des cases dont certains éléments (les portes ou les pas de porte, par exemple), sont en marbre. Cira Biar, une habitante d’Ibel, apprécie bien cette pierre. «Je vis bien ici, il ne fait pas chaud et en plus c’est solide», argue-t-elle, devant une chambre en marbre, construite depuis 1960 par des exploitants français. Cette case ronde sert de dortoir pour les enfants de Cira. A l’intérieur règne un froid doux, un lit et un canari constituent le décor. Pour y accéder, on soulève un rideau qui barre la porte dont les poteaux sont aussi en marbre très lisse. Bref, c’est une jolie case simple, assez coquette et accueillante.
Fatou Gaye SECK
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Par Anonyme