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Menace sur les bonnes affaires

Vendredi 23/07/2010 | Posté par Papa Keita

Bientôt la fermeture du campus universitaire. Etudiants et commerçants qui tenaient boutique dans ce temple du savoir pensent déjà à ce que demain sera fait pour ne pas faire frais de l’arrêt momentané de leurs activités.

Moustapha Fall, la vingtaine bien sonnée en est conscient. Depuis quelques temps, il essaie d’écouler son stock de Cd restant, qu’il vendait moyennant 75 francs l’unité. «Tu n’es pas sans savoir que bientôt le campus va se vider, alors il faut qu’on écoule notre marchandise afin qu’elle ne reste pas entre nos mains», signale-t-il.

Cet étudiant avec le peu qu’il gagne parvient à arrondir les angles au cas où sa maigre bourse de 18.000 francs tarde à tomber à la fin du mois. Selon lui, le campus est une vraie mine d’or, car la clientèle y est abondante. «Je vais faire un tout petit break attendant la prochaine rentrée pour reprendre du service», avance-t-il.

Tondeuse à la main, casquette bien vissée sur la tête, pour se protéger des rayons de soleil, Aliou Gueye, hèle avec sa voix rauque les quelques étudiants qui passent devant lui. Pour lui, fermeture du campus ou pas, cela revient au même. Il compte poursuivre ses activités ailleurs. Dans son quartier précisément à Pikine, où la clientèle est abondante. Néanmoins, il reconnait que ce qu’il gagne au campus ne sera point égal à ce qu’il espère récolter chez lui.  «Je ne crois pas que je vais cesser mes activités avec la fermeture du campus, je compte me relancer au quartier où j’ai pas mal de clients», répond-il, tout en jetant un  regard circulaire autour de lui pour mettre la main dessus sur un éventuel client.

Autre lieu, autre décor. Le couloir de la mort d’habitude animé, affiche un calme à la limite étonnant.

Les quelques étudiants croisés reviennent pour la plupart de subir les épreuves d’examens de juin. Les commentaires vont bon train. Belly Dieng, vendeur, établi sur le couloir de la mort depuis belle lurette pense déjà à décamper. Il n’attend que la fin du mois pour plier bagages, afin de baigner de nouveau dans le cocon familial, qui le manque tant.

«J’ai ma petite famille à Cass-Cass (Ndrl : Matam) et j’ai hâte de les revoir. D’autant plus qu’en ce moment les choses marchent au ralenti», glisse-t-il avec un sourire léger. Au fait, le commerce Belly ne l’exerce que temporellement. C’est un travail saisonnier en quelque sorte. « J’estime que je ne vais pas souffrir de la fermeture du campus car j’ai mes champs au village. D’ailleurs, j’attends que la fin du mois pour retourner là-bas», informe-t-il.

Même son de cloche chez Ibrahima Diallo, qui tient une boutique dans le coin. Guinéen d’origine, il s’affère, dit-il, aux derniers réglages pour rentrer au pays. «C’est vrai que l’arrêt de nos activités constitue un véritable manque à gagner pour nous, mais que faire ? Nous ne pouvons pas rester dans cette université qui sera bientôt vide», lance-t-il, assailli par quelques clients.

Papa Keita -