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Mental de fer
Mardi 06/07/2010 | Posté par Papa Keita
A 28 ans, Lansana Diatta ne voit point son infirmité comme un coup de frein à son destin. Au contraire, il scrute l’avenir avec un optimisme béat.
D’un abord très facile, Alassane Diatta, de courte taille, parait pourtant beaucoup plus âgé que ses 28 ans, qu’il déclare avoir. Etudiant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, il ne considère point son handicap physique comme une tragédie, mais plutôt comme un signe de la volonté divine.
En effet, Lansana n’est pas né handicapé. C’est par le détour d’une piqûre malencontreusement faite, qu’il s’est retrouvé dans cette situation d’invalidité physique. Marchant aujourd’hui avec des béquilles.
«Je ne suis pas né avec ce handicap. Avant, je marchais et jouais au football comme mes camarades. C’est à cause d'une injection que je me suis retrouvé dans cette situation», précise-t-il. A cette période, il faisait la 4ème secondaire.
A l’annonce de la nouvelle, ses camarades d’école, à Thionck Essyl (une localité de la Basse Casamance située à 71 km au Nord-Ouest de Ziguinchor) ont fait bouger les chaines de solidarité pour lui venir en aide. En lui payant surtout ses deux béquilles, dont il se sert jusqu’à présent.
Sa mère, par contre, a tout fait pour le tirer d’affaire, mais en vain. Dans son village, à Albadar, situé dans l’arrondissement de Diouloulou (40 km au nord de Ziguinchor), l’infirmité intriguait plus d’un. Les gens croyaient qu’elle était contagieuse. Il lui a fallu du temps pour leur faire croire le contraire. « Les mentalités ont changé là-bas». Malgré son handicap physique, cela n’a pas pourtant déteint dans ses performances scolaires. Le Bfem et le Bac ? Il n’en a fait qu'une bouchée. «Soit j’étais premier ou deuxième de ma classe».
En 2003, après l’obtention de son Bac, il vient à Dakar et s’inscrit au département de Géographie. Toutefois, il déplore le manque criant d’infrastructures adéquates pour eux. «Ni les toilettes ni les salles de cours ne sont faites pour nous accueillir».
Rien que pour avoir une bonne place et suivre les cours normalement, cela relève d’un vrai parcours du combattant. «Parfois, je me lève à 4h du matin pour avoir une place dans les amphis», regrette-t-il. En plus, la programmation de certains cours en des lieux distants les pénalisent, par rapport aux autres.
Parlant de travail, Lansana, ancien président de l’Association des handicapés étudiants, caresse le rêve de tenir la craie un jour. La profession qui le brûle de l’intérieur : c’est le métier d’enseignant. Pourquoi ? Parce que dit-il, «je veux partager mon savoir».
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Par MG