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Nafissatou Dia Diouf : une plume toujours trempée
Vendredi 24/09/2010 | Posté par Mamadou Sane
Malgré ses charges de Chef du Service Entreprise à l'Agence des Grands Comptes à la Sonatel, Nafissatou Dia Diouf reste encore attachée à son amour de toujours : la littérature. Profitant de la nuit pour s’isoler dans soin coin à elle loin de sa famille, elle se consacre à la rédaction de deux romans.
A première vue, on la prendrait pour une basketteuse. Elle répond à tous les critères pour pratiquer ce sport, mais ce n’est pas sa vocation. Cependant, cette mère de trois enfants trouve toujours un peu de temps libre pour s’adonner au sport et maintenir sa forme.
On pourrait aussi la prendre pour une de ces dames absorbées en permanence par le monde des affaires confortablement installée derrière son bureau. Mais elle ne se définit pas ainsi. Elle n’est rien de tout cela, bien qu’elle se donne à fond chaque pour être au top à son travail. Ce qu’elle voudrait surtout qu’on retienne d’elle, c’est cette dame qui a un goût immodéré pour la littérature depuis sa plus tendre enfance.
L’amour pour la plume
A 37 ans, (un âge qu’elle juge encore avouable) elle compte 8 ouvrages à son actif dans des genres aussi divers que le roman, les nouvelles et la poésie ainsi que la littérature jeunesse. Un amour du livre qu’elle conjugue avec son travail de tous les jours à la société nationale des télécommunications (Sonatel). Où elle assume la fonction de Chef du Service Entreprise à l'Agence des Grands Comptes à Dakar depuis 2000. Cette charge ne l’a pas empêchée pour autant de continuer de publier des ouvrages.
Du succès et de la reconnaissance, ses œuvres en ont connu, sur le plan national et international. Mais la distinction qui l’a le plus marquée reste le prix de la Fondation Léopold Sédar Senghor reçu des mains de la Première dame, Viviane Wade en 2000, pour sa nouvelle «Sables mouvants». Ce jour-là, elle est rentrée avec deux prix. «C’est pour moi des prix de reconnaissance au Sénégal», estime-t-elle. Ayant fait son cycle primaire et secondaire dans des établissements catholiques, Nafissatou a toujours eu une liberté limitée. Elle s’est vue refuser beaucoup de choses auxquelles elle tenait par ses maîtresses : l’usage de vernis à ongle, lipo-lèvres et autres effets de toilettes leur était formellement interdit à l’école. «Les filles se prennent toujours pour de grandes dames alors qu’elles n’ont que 12-13 ans», dit-elle, hilare. Et d’ajouter : «je l’interdirai à mes filles».
La culture du savoir
D’origine malienne par ses parents, Nafissatou a grandi dans une famille nucléaire. Fille d’un diplomate, elle a vécu dans plusieurs pays suivant les affectations. C’est au Sénégal que son père décide alors de s’installer et se consacrer au domaine de l’immobilier.
«Elève plus consciencieuse à partir de la seconde, brillante dans les filières littéraires mais limitée dans les matières scientifiques, surtout en maths», comme elle se définit, Nafissatou obtient son baccalauréat avec la mention Bien pour aller poursuivre ses études dans l’Hexagone. Et c’est l’Université Michel de Montaigne de Bordeaux qui l’accueille. Elle y sort avec une maîtrise en Langues étrangères appliquées (Lea). En 1996, elle réussit le concours d’entrée au groupe Esc/Sup de Co de Bordeaux où elle obtient un diplôme d’études supérieures spécialisées (Dess) en logistique industrielle. Sans garantie d’emploi, elle rentre. Quatre jours plus tard, elle décroche un emploi dans une fondation, puis elle travaillera dans une société de service informatique.
L’inspiration dans la solitude
Le moment de prédilection pour se consacrer à l’écriture reste la nuit. Ne voulant surtout pas être déranger par sa progéniture. Pour Nafissatou, «les idées sont très capricieuses et peuvent s’envoler très vite si on ne les couche pas rapidement». C’est pourquoi elle s’est aménagé un coin chez elle en y mettant ses talents de décoratrice. Une pièce qui donne sur la terrasse de la maison qui a toutes les commodités propices à la réflexion et à la naissance d’idées, meublée de livres d’auteurs classiques et africains, isolée de l’espace où vit sa famille. «C’est vraiment ma bulle dans laquelle je m’adonne à l’écrire ». Beaucoup de connaissances, mais peu d’amis à qui elle éprouve d’énormes difficultés à consacrer un peu de son temps. Son travail au quotidien, sa famille et ses deux romans en cours de rédaction suffisent pour l’instant à occuper ses journées.
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Par Anonyme