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Noël fait grise mine
Mardi 30/12/2008 | Posté par Ousmane Diop
C’était Noël ! Les marchés de toute la ville ont été inondés de jouets et d’articles de toutes sortes, mais cette année est différente de celles passées. La crise financière qui sévit dans le monde n’a pas épargné le Sénégal qui subit de plein fouet ses conséquences, obligeant de nombreuses familles à revoir à la baisse leurs dépenses, notamment à l’occasion de Noël
Même si le Sénégal se trouve être un pays à majorité musulman (plus de 90% de la population), cela n’a pas empêché pas pour autant les populations de célébrer Noël avec la minorité chrétienne. En effet, les deux communautés entretiennent depuis toujours de bons rapports, d’où la ferveur notée à l’occasion de chaque fête de l’une ou de l’autre. Et même si beaucoup de gens continuent d’ignorer la signification religieuse de Noël, cela ne les empêche pas pour autant de faire des cadeaux de fin d’année une priorité, ne serait-ce que par habitude ou mimétisme. Il y a encore quelques années, il était presque impossible d’entrer dans une maison à cette période de l’année sans que les bruits de mitraillettes en caoutchouc ou de voitures télécommandées ne vous tympanisent, les marchés de tous le pays regorgeaient de jouets. Ces articles continuent toujours d’être vendus, mais les moyens de les acquérir font maintenant défaut et la plupart des chefs de familles sont désormais plus préoccupés par trouver de quoi nourrir les bouches de la famille.
En effet, les crises (alimentaire, économique) étant passées par là, les priorités familiales sont redéfinies, surtout dans un pays aussi pauvre que le Sénégal où le revenu par habitant est l’un des plus faibles au monde. La hausse des prix des denrées de première nécessité telles que le riz, l’huile, le sucre, la farine et le mil, combinée avec les montants élevés des factures de l’électricité et de l’eau donnent le tournis à l’essentiel des responsables de familles, surtout quand on sait qu’une maison d’ici contient souvent une famille élargie. Désormais, les trois repas quotidiens sont devenus le cadeau le plus cher et le plus important que l’on puisse faire à ses enfants, pour ne pas dire la priorité que chacun veut respecter. De nombreuses familles se réveillent sans avoir de quoi mettre dans la marmite.
Quant aux enfants, loin d’ignorer toutes les difficultés que leurs parents rencontrent, ils se contentent de trouver quelques pièces de monnaie pour se procurer des pétards qu’ils passent toute la journée et la soirée de Noël à faire exploser dans les quartiers, se donnant un minimum de plaisir même s’ils sont loin d’être aussi gâtés que des enfants de Neuilly, de Tokyo ou de New York.
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Par Anonyme