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«Notre patience a des limites»
Jeudi 20/01/2011 | Posté par Papa Keita
En visite à Dakar pour rencontrer le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), le ministre du Plan et du Développement du président démocratiquement élu, Alassane Dramane Ouattara a fait le point sur la situation en Côte-d’Ivoire. Selon lui, son camp a assez fait de concessions à Gbagbo. Et il doit partir à tout prix
Depuis le 28 novembre dernier, la Côte-d’Ivoire est à l’école de la patience. Elle peine à accoucher d’une solution pacifique. Laurent Gbagbo, le «Boulanger» s’agrippe toujours à son pouvoir comme une huître à son rocher et continue de rouler son monde dans la farine. Tandis que son principal rival, Alassane Dramane Ouattra, élu démocratiquement, reclus à l’hôtel du Golf, règne mais ne gouverne pas.
Et cette situation commence à exaspérer ses partisans. Pour Albert Mabri Toikeusse, ministre du Plan et du Développement de Ouattara, son camp a assez fait de concessions à Gbagbo. Et l’heure est venue de le déboulonner pour normaliser la situation.
«Nous sommes patients, mais notre patience a des limites. Le peuple souffre et ne tient plus. Le chômage a atteint un niveau record. La normalisation s’impose à grande vitesse», a-t-il soutenu. Pour faire quitter le «Boulanger», différentes options ont été jusque là agitées. La voie diplomatique a été explorée, mais elle n’a pas donné grand-chose. Celle militaire est sur la table, mais les avis sur l’approche divise au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cdeao).
«Notre option n’est pas prioritairement militaire parce qu’elle laissera toujours des traces», concède Mabri Tokesse. Toutefois, il nuance sa position en soulignant que face à l’entêtement de Gbagbo , seule la force pourra le faire plier. «Mais je me demande bien si Gbagbo laisse le choix à la communauté international et à nous. Les uns et les autres finiront par comprendre que peut être ce sera cette option qui sera confirmée», observe-t-il.
Mais au fur et mesure que la crise perdure, le temps joue en la faveur de Gbagbo. Et beaucoup entrevoit un scénario à la kenyane ou zimbabwéenne. Mais le ministre du Plan de Ouattara est ferme à ce sujet : « Nous n’accepterons jamais un partage du pouvoir». Ce qui est dans l’ordre du possible, mentionne-t-il, c’est un gouvernement d’union nationale. Qui regroupera toutes les forces, mêmes celles du Front populaire ivoirien (Fpi) de Laurent Gbagbo.
«Le cas ivoirien ne doit être une jurisprudence en Afrique d’autant plus qu’il y a beaucoup d’élections qui se profilent à l’horizon. Ce sera la mort de la démocratie et de tous les espoirs en Afrique», conclut-il.
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Par Anonyme