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"Nous n’avons qu’une vieille voiture qui est d’ailleurs au garage"

Lundi 30/08/2010 | Posté par Amara Soumah

Le service des eaux et forêts Sokone se trouve confronter à plusieurs problèmes. Il engage différentes actions pour venir à bout de ces difficultés et ainsi préserver la nature. Les activités citoyennes de l’UCAD constituent pour ce service un véritable coup de pouce. Entretien avec le Major Malamine Sané, responsable du service.

Quels sont les problèmes auxquels vous êtes confrontés ?

Le premier problème dont on peut parler, c’est le déboisement caractérisé par des coupes clandestines pour faire du charbon, pour le bois de service et la d’arachide. Il y a également des cas de feux de brousse qui ravagent une bonne partie du terroir du Niombato où nous sommes.  Il faut ajouter aussi le problème d’érosion surtout, hydrique. Pour faire face à cela, on essaie de sensibiliser la population à la lutte antiérosive. Le problème d’effectif aussi se pose au niveau du service des eaux et forêts puisque nous ne sommes que cinq dans le sous secteur qui prend en compte deux arrondissements. Donc, les moyens humains sont limités,  quant aux moyens logistiques n’en parlons pas; nous n’avons qu’une vieille voiture qui est d’ailleurs au garage à l’heure où je vous parle.

Que faites vous comme actions pour venir à bout de ces problèmes ?

L’action principale c’est le reboisement. En plus de cela, on a engagé des luttes contre l’érosion hydrique en dressant des diguettes antiérosives. Tout dépend aussi de l’endroit où nous nous trouvons : il y a des endroits où il n’y a pas de pierres pour faire des cordons pierreux. Nous sommes obligés de faire des cordons en sac. Si c’est un endroit où il y a des pierres, on érige des cordons pierreux qui ont un effet assez positif sur la lutte contre l’érosion hydrique.

Est-ce que vous associez la population à ce que vous faites ?

Avant de mener nos activités, nous organisons des réunions de programmation avec la population. Donc, lorsque les étudiants arrivent à Sokone, cela est une occasion supplémentaire pour nous afin de sensibiliser la population et exécuter le programme que nous avons déjà élaboré. On constate ainsi que la population participe aux efforts de reboisement et à la lutte contre l’érosion hydrique.

Quel est l’apport des étudiants dans la lutte que vous menez ?

Dans le cadre de nos activités, nous privilégions la sensibilisation et la formation. Avant même l’arrivée des étudiants, nous avions donc déjà engagé une campagne de sensibilisation sur les différentes formes de luttes que nous engageons dans le cadre de la protection de l’environnement, notamment la lutte contre les feux de brousse, la nécessité de reboiser, la lutte contre les différentes formes d’érosion. On a même fait un plan de travail pour la saison hivernale. Donc, les étudiants qui arrivent ne font que renforcer ce que nous avons déjà entrepris avec la population et cette collaboration est un plus pour nous parce que ça permet à ceux qui étaient parfois réticents de venir. Parfois, on attire même des curieux qui voient dans la ville des jeunes qui viennent d’ailleurs; ils s’approchent ainsi pour voir ce que ces étrangers font. Ils participent donc aux activités de manière inconsciente même si au départ  ils n’avaient pas été sensibilisés.

Est-ce que vous faites le suivi ?

Nous faisons le suivi avec nos maigres moyens. J’avais même proposé aux responsables des activités citoyennes de l’UCAD de faire des réunions d’évaluation. Par exemple, au mois de novembre ou décembre, que quelques étudiants viennent voir ce qu’ils ont réalisé ici, quel est l’impact que cela a eu sur l’environnement. Je pense que si cela est fait ça peut nous aider dans le cadre de nos activités de suivi. Néanmoins, nous faisons le suivi avec les moyens que nous avons, cela dans le sens de la protection des espèces qui ont été plantées ou alors pour voir l’effet des cordons pierreux sur les endroits où nous les avons érigés.

Amara Soumah -