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«Nous voulons le retour de la dépouille de Senghor à Joal»
Mercredi 07/04/2010 | Posté par Papa Keita
Le premier adjoint au maire de Joal en est convaincu: la dépouille du président reposera un jour dans sa terre natale. En marge du défilé qu’il a présidé, Jacques Ndong nous livre ses impressions sur la ville de Senghor.
Senghor continue de marquer les esprits. Ce que les populations retiennent, c’est qu’il a été le parrain de l’indépendance du Sénégal. Joal a toujours marqué l’histoire à travers de grands hommes, tant au plan religieux que politique.
Le dialogue islamo-chrétien est une force motrice de Joal. Le cimetière de Fadiouth est un cimetière commun: il accueille des chrétiens et des musulmans.
Le symbole Senghor est extrêmement fort ici. Le combat de la municipalité, c’est que la dépouille de Senghor vienne reposer à Joal. Tout le monde sait que Senghor voulait être enterré auprès de son père, le brave «Diogoye», le Lion. Le jour où il reposera à Joal, nous serons en paix.
Vous croyez vraiment que sa dépouille, actuellement au cimetière Bel Air de Dakar, retrouvera un jour sa terre natale?
Oui. Mais nous sommes face à deux obstacles. D'abord, sa femme, qui vit en France, se recueille régulièrement sur la tombe de Senghor. Pour elle, faire le détour jusqu’à Joal pose problème.
La seconde difficulté, c’est que le président poète est tiraillé entre Djilor et Joal Fadiouth. Les membres de sa famille souhaitent qu’il soit enterré à Djilor, qui est le cadre familial. Mais tout le monde sait que Senghor souhaitait dans ses écrits être enterré à Joal. Lors du dernier voyage qu’il a organisé ici, il avait identifié le caveau et délimité le lieu où il voulait être enterré.
L’héritage de Senghor, mort en 2001, est-il assez bien préservé à Joal?
La commune, de concert avec la fondation Senghor, a conclu un accord pour faire de la maison familiale un musée (qui est actuellement fermé). Parallèlement, la commune porte depuis une dizaine d'années un projet d’édification d’un musée Léopold Sédar Senghor qui sera appelé : le musée culturel Léopold S. Senghor et de la diaspora africaine.
Nous avons trouvé des investisseurs potentiels, qui sont des Noirs de la diaspora. Il nous reste à nous approcher du Ministère de la Culture et de l’Unesco pour donner au musée un contenu. Nous allons y aménager une grande salle de conférence. Il y aura aussi l’histoire de la diaspora nègre déportée d’Afrique, mais aussi le parcours et les écrits de Senghor.
En cinquante ans, vous diriez que Joal a progressé ou régressé ?
Joal s’est beaucoup massifié. Il est passé du simple au quintuple. De 10 000 à 50 000 habitants environ. Joal est devenu un melting-pot du fait de l’économie maritime. Il y a deux fois plus de migrants que d'entités traditionnelles. Mais nous sommes confrontés à un déclin culturel. Le Wolof par exemple a conquis Joal. Même à Fadiouth les gens parlent Wolof.
Le tourisme a fait un grand bond en avant. Mais là où nous avons failli, c’est au niveau de la gouvernance locale. La gestion communale a souffert de la politique politicienne au grand dam des priorités socio-économiques.
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Par MG