Dakar Bondy Blog Dakar Bondy Blog Neuilly Bondy Blog Lausanne Bondy Blog Business Bondy Blog Bondy Blog Lyon Bondy Blog Marseille Bondy Blog

RUBRIQUE :

Orpailleurs traditionnels : un trésor d’efforts, de maigres résultats

Mardi 21/09/2010 | Posté par Ibrahima MBENGUE

Leurs instruments sont dérisoires comparés aux moyens sophistiqués déployés par les pailleteurs industriels. Mais les orpailleurs traditionnels continuent à croire en leur bonne étoile.

La vallée défoncée située au nord du village de Sabodala est cachée aux yeux inquisiteurs du visiteur curieux par une flopée de cases. Une vue panoramique, de la surélévation qui surplombe les lieux, offre aux yeux de l’étranger une image pittoresque faite d’une bonne vingtaine de femmes et hommes, jeunes et vieux, qui s’activent avec leurs instruments de travail.

Une dame, la trentaine bien sonnée, son bébé au dos, poursuit machinalement sa besogne malgré la présence étrangère. Quelque peu intimidée, dans un premier temps, par les objectifs des appareils photos, caméras et les dictaphones, Mariama Cissokho finit par afficher un sourire avenant qui encourage notre groupe à l’approcher davantage. Le geste, certainement mille fois répété par jour, continue. La dame puise dans une bassine un seau de boue caillouteuse qu’elle déverse dans un couscoussier posé sur la partie haute d’un établi en bois sur lequel est étalé un morceau de tôle où coule l’eau boueuse. Mariama prend de l’eau du baril posé à ses côtés, et, de l’autre remue le couscoussier qui ne retient que les cailloux. Commence alors la prospection pour une hypothétique pépite d’or. Tout le temps que nous sommes restés avec elle, elle a répété inlassablement les mêmes gestes. Sans succès. «Il n’y a plus d’or ici», répond-elle, sans se départir de son sourire, à la question sur la quantité de métal jaune qu’elle a trouve journellement. «Cela fait plus de dix jours que je n’en ai pas recueilli. C’est comme ça, c’est un travail de longue haleine qui demande beaucoup de patience et d’abnégation», poursuit-elle en malinké, sa langue maternelle, que traduit pour le groupe notre camarade Issiaka Touré.

A quelques mètres de là, un homme en compagnie de deux garçons. Mamadou Sally Diallo paraît plus vieux que les 45 ans qu’il dit avoir. Dans ce travail effectué avec ses deux enfants, il va plus vite que la dame Cissokho. Polyglotte, M. Diallo parle, outre le pular, sa langue maternelle, le français, le malinké et le wolof. «Je ne travaille pas à plein temps parce que le résultat est très aléatoire. On n’est jamais sûr de rentrer avec quelque chose. Il y a bien deux semaines que je n’ai pas trouvé d’or», indique-t-il. L’incertitude qui entoure l’orpaillage traditionnel l’a poussé à se trouver d’autres occupations. L’homme est également cultivateur, avec un champ où il plante du coton, de l’arachide, du maïs et du mil. «Je m’occupe aussi dans la boulangerie traditionnelle», déclare-t-il, l’air amusé. «Il n’y a quasiment plus d’or dans cette cuvette. Nous sommes obligés d’aller chercher le gravier dans une ancienne mine abandonnée», lâche-t-il pour terminer. Plus loin, d’autres pailleteurs traditionnels, eux aussi habités par la fièvre de l’or, sont à l’oeuvre, tels des automates. Pendant ce temps, les ouvriers des industriels australiens de Mineral Deposit Limited (MDL) et ceux des canadiens d’Orimin déploient des moyens ultramodernes et sophistiqués. Des «concurrents » assurément d’un autre calibre !
Ibrahima MBENGUE

Ibrahima MBENGUE -