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«Ouattara doit s’atteler à reconstituer son armée»
Vendredi 03/06/2011 | Posté par Papa Keita
Depuis la capture de Laurent Gbagbo, une page est tournée en Côte-d’Ivoire. Et une autre est en train de s’écrire avec Alassane Dramane Ouattara. Entre relance de l’économie dévastée par cinq mois de conflit et restructuration d’une armée hétéroclite, les chantiers qui attendent le nouveau président sont immenses. Avant tout, le vide sécuritaire qui règne dans le pays reste une préoccupation. Entre scènes de pillages, rapts et exactions, tout y passe. Pour Young Jung Choi, représentant spécial de l’Onu en Côte-d’Ivoire, il faut que le Président Ouattara s’attelle au plus vite à la refonte de son armée pour un retour à la normale.
Après cinq mois de crise politique en Côte d’Ivoire ponctuée par la chute de Laurent Gbgabo, quelle est la situation qui prévaut dans le paysChoi : Je crois qu’il faut accepter qu’une page a été tournée dans la crise, avec la capture de Laurent Gbagbo. Nous sommes dans une nouvelle page, marquée par la reconnaissance de Alassane Dramane Ouattara comme étant le seul Président de la Côte-d’Ivoire. Il est faux de dire que le Président Ouattara a gagné par les armes. Il a remporté les élections par le vote, et d’une manière démocratique. Les défis sont grands actuellement dans ce pays.
Mais le plus important, c’est le rétablissement de l’ordre et la sécurité. Il faut que le Président Ouattara s’attaque à cette question le plus tôt possible, pour avoir une armée unifiée. Il y a lieu pour cela d’effectuer ce qu’on appelle le DDR (Désarmement démobilisation et réinsertion) d’une part, et la RSS (Réforme du secteur sécuritaire) d’autre part. Ce sont deux conditions sine qua non pour la stabilité de la Côte d’Ivoire. Ensuite, la réconciliation nationale ainsi que la relance économique restent aussi des chantiers immenses. Mais nous avons espoir que les Ivoiriens parviendront à relever ces défis.
Malgré la fin de la crise postélectorale, les exactions continuent. Que faites-vous pour maintenir l’ordre et combler le vide sécuritaire ?
Dans la protection des droits de l’homme et de la population civile, il y a trois volets. Il y a tout d’abord la dissuasion. Avec nos 10.000 Casques bleues nous faisons 800 patrouilles par semaine afin de dissuader ceux qui portent atteinte à la population civile. Deuxièmement, si vous lisez bien les résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu, il est clairement dit que la protection des civils incombe aux autorités locales. Et si les autorités ivoiriennes ne parviennent pas à le faire, nous examinons la situation pour déterminer si on doit agir ou pas. Ce n’est que le troisième volet de notre mission qui nous donne mandat d’agir. C’est le cas de figure où les populations sont confrontées à un danger imminent.
Si vous avez un Etat de 20 millions d’habitants, vous devez avoir au moins 200.000 gendarmes et policiers pour assurer la sécurité en temps de paix. Nous sommes déterminés à protéger les civils, mais c’est aussi irréaliste de croire que l’Onuci, avec 10.000 hommes seulement, peut protéger toute la population.
Au lendemain de la chute de Gbagbo, beaucoup de responsables du Front populaire ivoirien (Fpi) sont portés disparus. Il y en a un qui retient l’attention : Charles Blé Goudé. On le dit tantôt mort tantôt refugié. Avez-vous de ses nouvelles ?
Pour ce qui est de Charles Blé Goudé, je ne sais pas où il se trouve. Je n’ai pas eu de ses nouvelles.
Maintenant que la crise est dernière nous, qu’est-ce que l’Onuci fait en Côte-d’Ivoire ? Quand est-ce que prendra fin votre mission ?
Pour cela, il faut attendre la décision du Conseil de sécurité au mois de juillet prochain.
M. Choi vous n’avez pas connu que des jours heureux en Côte-d’Ivoire. Avez-vous le sentiment du devoir accompli ?
J’ai eu beaucoup de chance, vraiment beaucoup de chance, mais j’ai réussi grâce au Ciel et aux Ivoiriens.
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Par Anonyme