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Perturbations scolaires : l’onde de choc secoue la région

Vendredi 30/10/2009 | Posté par Fatou Gaye SECK

Aux grèves répétées des enseignants, s’ajoute le manque de professeurs, occasionnant aussi des débrayages chez les élèves. La maladie dont souffre le système éducatif sénégalais n’épargne donc pas les écoles de la capitale orientale.

Nous avons décrété 110 heures de grève car il nous manquait des professeurs dans beaucoup de matières», note Lansana Cissokho, élève en classe de 1ère au lycée Maciré Bâ de Kédougou, à califourchon sur son vélo. Ce manque de professeurs perturbe le fonctionnement du système éducatif dans cette nouvelle région. En début d’année, nous avons connu un manque criant de professeurs. Et cela a beaucoup affecté les enseignements, car les élèves sont sortis pour en réclamer», confirme Mamadou Moustapha Faye, proviseur de cet établissement. Cela, selon lui, est dû aux nombreuses affectations que ne cessent de demander les enseignants. «Chaque année, il y a une vague d’affectations pour aller à Dakar ou à Kaolack. Et ces gens ne sont pas remplacés», poursuit-il, sous le grand arbre au milieu de la cour du lycée, pleine de bicyclettes.

Située à 800 kilomètres de la capitale du Sénégal, Kédougou est de plus en plus dédaignée par les enseignants qui refusent d’y exercer à cause des «conditions de vie parfois difficiles et de la chaleur accablante qui règne dans cette partie du Sénégal oriental », témoigne M. Diallo, enseignant à l’école élémentaire Bakary Dansokho, qui venait juste de terminer ses cours avec ses élèves de CM2. Dans cet établissement, toutes les clases sont fermées à cause du mot d’ordre décrété par les syndicats des enseignants de l’élémentaire qui, depuis le début de l’année, réclament l’indemnité de recherche documentaire (IRD). Des jeunes jouent au football dans la cour, tandis que notre interlocuteur répond à l’appel du muezzin pour la troisième prière de la journée. A quelques mètres de là, se trouve l’école élémentaire Marcel Paravy. Ici les cours se déroulent normalement. Les enfants écoutaient attentivement les explications des maîtres, sauf une classe de CE2B en séance de danse classique. Selon la directrice, cet établissement privé n’a connu que deux jours de perturbations. «Seulement, le 23 décembre dernier, des gens étaient venus nous dire de libérer les enfants», affirme Soeur Marie.

SITUATION AGGRAVÉE

La grève des enseignants est aussi ressentie dans les lycées et collèges de la ville où toutes les revendications du Cadre unitaire des Syndicats de l’Enseignement moyen et du secondaire (Cusems), syndicat majoritaire, sont suivies. Dans beaucoup de matières, les programmes avancent lentement. «Ils sont loin d’être terminés », assure M. Cissokho, surveillant au lycée technique industriel et minier de Kédougou, dans une salle de classe où règne un calme plat. Des élèves y passaient un test de contrôle. Toutefois, certains professeurs organisent des cours de rattrapage pour permettre aux candidats aux examens d’être bien outillés et d’acquérir le maximum de connaissances. En dehors de ces mouvements des syndicats, les établissements scolaires connaissent aussi des difficultés internes. Parmi celles-là, il y a le manque de tables bancs et de salles de classes. Mais, c’est le lycée technique qui souffre le plus de ces problèmes logistiques. Les potaches font les cours dans la bibliothèque de l’école, alors qu’il y a un bâtiment tout neuf, qui est fermé. D’après Aliou Dia, professeur en fabrication mécanique, «l’administration attend l’inauguration par le président de la République».

Fatou Gaye SECK

Fatou Gaye SECK -