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Plongée dans une entreprise touchée de plein fouet par la crise

Mardi 12/05/2009 | Posté par Mamady Lamine Traoré

La société Viga Assistance est un service de surveillance qui protège les personnes et leurs biens. Mais, aujourd’hui, cette société se trouve confrontée à la crise financière mondiale. Elle a des difficultés pour payer le salaire de ses employés, ce qui a occasionné une grève très dure en 2008. Les braises du conflit ne sont toujours pas éteintes. Mamady s'est rendu sur place

Chaque matin dans la rue Mohamed V, de nombreux hommes d’affaires font des va et vient, donnant une impression de mouvement perpétuel. Si la rue est très prospère, il y a aussi des situations sociales très difficiles, comme chez Viga Assistance, une société de gardiennage installée dans cette rue, que j’ai pu visiter. 
   
Les employés de cette entreprise créée par un Ivoirien en 1996 se plaignent de ne pas être bien payés, et même de ne pas être payés à temps : « Le patron nous dit toujours que c’est dû au retard de paiement des clients à cause de la crise. On vit très mal avec ce travail. Mais comment faire autrement ? Il faut continuer à faire ce travail afin de nourrir nos familles », explique Amadou Bâ, un des employés. Seule solution pour les travailleurs : faire grève pour dénoncer ces conditions. C’est ce qu’ils ont fait de février à avril 2008, deux mois de conflit social très dûr. Une dizaine de salariés a alors quitté l’entreprise, lassés de ne plus être payés à temps.

A l’issue de ce mouvement social, le patron leur a demandé de créer un syndicat pour défendre leurs intérêts. Les salaires ont fini par augmenter de 15 000 Francs Cfa (23 euros) mais ce n’est pas suffisant pour les salariés qui estiment que le coût de la vie a augmenté avec la crise. « La vie est très dure maintenant. Les denrées sont très chères. On ne peut rien faire avec notre maigre salaire de 75 000 Francs Cfa (114 euros) par mois. Si tu as acheté un sac de riz, assuré les frais de ménage, la scolarité des enfants et le transport, il ne te reste plus rien à la fin du mois ! », dit Mamadou Diallo, employé.

Un maigre salaire d’autant plus difficile à accepter que les salariés sentent un sentiment d’injustice par rapport à leurs collègues de la société installés en Côte d’Ivoire qui gagnent environ 25 000 Francs Cfa (38 euros) de plus qu’eux. « Nous devons gagner autant d’argent que nos collègues de Côte d’Ivoire. Nous faisons le même type de travail et il n’y a aucune différence entre nous », déclare Fasoumara Diatta, un employé.

Mais la situation reste bloquée, le patron refuse d’aligner les salaires avec ceux de la Côte d’Ivoire en utilisant toujours l’excuse de la crise pour justifier la situation difficile de l’entreprise. Le patron, qui préfère rester anonyme, n’a pas souhaité répondre à mes questions.

Mamady Lamine Traoré

Mamady Lamine Traoré -