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Puits secs, robinets souvent fermés : l’eau, source de mécontentement
Vendredi 20/11/2009 | Posté par Ousmane DIOP
C’est un souci quotidien : aucun filet d’eau, mince soit-il ne sort des robinets dans la plupart des quartiers. Les femmes...
Lawol Tamba, un quartier de Kédougou. Autour d’un puits, à quelques mètres de l’hôpital, six filles parlent de leur corvée quotidienne : la quête de l’eau. A côté d’elles, leurs bassines dont les unes sont déjà remplies d’eau, sont posées de façon désordonnée.Fatoumata Diaby, l’une d’elles, la vingtaine dépassée, estime que l’accès au liquide vital est un problème auquel elles ont fini par
s’habituer, car cela date de plusieurs années. «Nous avons des robinets chez nous mais ils ne nous servent pas à grand-chose. Il n’y a pratiquement jamais d’eau pendant la journée», déclare-t-elle. Et sans la laisser terminer sa phrase, sa soeur, la tête couverte d’un foulard, lui lance : «Nous sommes obligées à chaque fois d’attendre jusqu’à 22 h pour avoir l’eau des robinets et en profiter pour remplir nos canaris et autres récipients».
Pendant qu’elles continuaient de parler, une autre, toute en sueur, est en train de tirer de toutes ses forces sur la corde au bout de laquelle est attaché le seau plongé dans le puits. Il n’est pas encore d 11 h du matin mais le soleil est haut. La fatigue se lit sur leurs visages. Cependant, cette localité n’est pas la seule de Kédougou où l’accès à cette source de vie constitue un problème. C’est également le cas au quartier Gomba, à l’entrée de la ville. Les habitants y sont privés d’eau tous les jours, à partir de 7 h. Selon Alpha Omar Doumbouya, un boutiquier originaire de la Guinée- Conakry voisine et installé depuis 4 ans dans la zone, «c’est le souci majeur de tous les Kédovins». Aussi, ajoute-t-il, «beaucoup de gens sont-ils obligées de se rabattre sur le fleuve pour avoir de quoi effectuer les travaux ménagers. Moi, j’achète tous les jours trois bouteilles d’eau pour permettre à mon épouse de me préparer à manger et pour mes besoins secondaires. Dans un autre quartier, Fadiga, le mal est le même. «On dirait que nous sommes des citoyens à part et qui n’ont les mêmes droits que les autres», lâche, en pulaar, Bineta Saly, une ménagère de la localité. En grand boubou, et son enfant attaché sur son dos, elle revient du marché en compagnie de deux autres femmes de son âge. De ce fait, ces trois quartiers sont les plus touchés par le manque d’eau. Devant cette triste situation vieille de plusieurs années, les populations sont toujours condamnées à rester pendant toute une journée sans avoir accès à l’eau potable. Certains habitants, moins optimistes que les autres, ont fini par perdre tout espoir d’une vie normale où l’eau ne serait pas une denrée aussi rare.
Ousmane DIOP
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Par Anonyme