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Quand est ce que ce monde deviendra enfin sérieux ?
Dimanche 02/11/2008 | Posté par Papa Keita
Le monde de la finance a été victime d’une récession économique qui risque de le plonger dans une agonie généralisée. Les Etats cherchent partout la formule magique, pour sortir de ce piège du capitalisme financier à outrance. Rigueur budgétaire, baisse de l’aide au développement, pouvoir d’achat en chute libre sont à craindre
« Est-ce que ce monde est sérieux ? » s’est interrogé Francis Cabrel dans une de ses célèbres chansons. L’artiste avait bien vu, là où les économistes tâtonnent toujours. Alors qu’on pas encore fini de faire le deuil de la crise alimentaire mondiale, on retombe dans une nouvelle impasse dont l’issue est plus que jamais incertaine. Depuis quelques années, le monde est suspendu aux caprices d’un marché aussi aléatoire que les prévisions climatiques. Mais n’empêche, les signes avant coureurs étaient déjà là.
Les Etats n’ont pas très tôt pris la mesure de l’ampleur de la crise. Laissant le marché au bon vouloir de quelques personnes peu scrupuleuses qui manipulent des chiffres déréglant tout le système économique mondial. La recherche du profit s’est emparée des places boursières qui se sont lancées dans des spéculations hasardeuses et risquées. A l’origine de la crise la chute des « subprimes » aux USA. En effet, les « subprimes » sont des crédits immobiliers accordés par les banques aux ménages les plus démunis pour les aider à acquérir des maisons. Mais, avec la récession conjuguée avec les difficultés économiques, ces ménages étaient dans l’impossibilité de rembourser les prêts bancaires. Il s’en est suivi des saisies massives de maisons. Ces mêmes banques américaines, avec la dépression du marché immobilier, n’ont pu écouler les maisons hypothéquées. Elles étaient obligées d’écouler les actions qu’elles détenaient pour avoir de la liquidité et honorer leurs dettes. Ensemble, elles ont contribué à accentuer l’effondrement des principaux indices boursiers et favoriser la raréfaction des crédits.
En France, le trader Jérôme kerviel avait fait perdre à sa banque, la Société Générale, cinq millions d’euros sur des « paris » pour fructifier les caisses de la banque. Là aussi, les Etats ont fait preuve d’autisme. Jouant les prolongations. Il a fallu que le mammouth américain, Lehmann Brother, s’écroule pour qu’ils prennent conscience de l’ampleur de la folie du capitalisme. Et les risques qu’il peut entrainer à l’échelle mondiale. Aucun pays n’est à l’abri de ces courtiers de la finance qui ont complètement déréglé le système monde. La planète qu’on avait baptisé sous le fameux slogan « ordre mondial » a virée à un « désordre mondial » sans précédent. Si le président Sarkozy s’est écrié en appelant à une plus grande implication des Etats dans le monde de la finance, c’est qu’il s’est rendu compte que si on laisse le marché au bon vouloir des spéculateurs, c’est eux les politiques qui vont en faire les frais auprès de leurs électeurs lors des rendez-vous électoraux.
Et que dire de l’Afrique dans tout ce brouhaha économique ? Les lendemains sont sombres. Plus que jamais sombres pour elle. L’Afrique était déjà dans la crise avant cette mésaventure. Même si, elle peut se réjouir de la chute du baril à 70 dollars, il faut dire que ses exportations risquent de subir les contrecoups du malaise économique. L’aide au développement aussi va certainement passer à la trappe. Les institutions financières joueront désormais la carte de la rigueur « masquée » pour contraindre les pays africains à la diète budgétaire. Qu’on ne s’y trompe pas : les artistes aussi peuvent lire l’avenir, plus que les politiques. Comme Francis Cabrel a eu le don de le faire en s’interrogeant sur ce monde qui nous échappe chaque jour que Dieu fait. Quand est ce que ce monde deviendra enfin sérieux ?
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Par MG