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Quel prix pour une formation en journalisme ?
Mercredi 28/01/2009 | Posté par Youssouph Bodian
A Dakar, les écoles privées de formation professionnelle poussent comme des champignons. Gestion, comptabilité, en passant par banque-finances, le marketing, la communication, le commerce international… sont autant de filières que l’on retrouve dans ces écoles. Qu’en est-il de la qualité des enseignements et de la valeur des diplômes délivrés ? Youssouph est allé visiter un institut qui propose une formation en journalisme
C’est aux environ de 15h que j’ai quitté le campus universitaire à bord d’un bus qui m’a déposé, après une vingtaine de minutes de route, au rond-point de Liberté 6 (quartier de Dakar). Il m’a fallu ensuite marcher environ 500 mètres pour arriver enfin à l’ISEG (Institut Supérieur d’Entreprenariat et de Gestion). C’est une villa R+1 peinte tout en bleu qui abrite cet institut. Devant le portail, un groupe d’étudiants en discussion m’indiquent le secrétariat. Je suis accueilli par un monsieur à qui je me présente comme un étudiant désirant s’inscrire en journalisme. Il me remet alors un dépliant et c’est parti pour l’opération de séduction.
« Tu dois remarquer sur le dépliant que contrairement aux autres écoles, ici tu n’as pas besoin de débourser une grande somme pour te former », me lance mon hôte tout en souriant. En effet, il était écrit dessus : « Journalisme et Communication : mensualités 20 000 Francs Cfa [Ndlr : 30 euros] ». Une somme très abordable comparée aux 60 000 Francs Cfa que déboursent les étudiants de l’ISIC (Institut des Sciences de l’Information et de la Communication), un institut privé qui forme aussi en journalisme qu’en communication. Mais, le monsieur s’empresse de poursuivre : « Bien sûr, la qualité de la formation que nous dispensons vaut plus que ça ». En guise d’argument, il me cite fièrement quelques noms de journalistes connus sur la bande FM et à la télé qui y dispensent des cours. « En plus, le diplôme est reconnu par l’Etat et signé par le Ministère de l’Education », ajouta t-il. Il m’explique ensuite que cette réduction de prix a été rendu possible grâce à un partenariat noué avec l’Etat du Sénégal. L’ISEG accueille en effet les étudiants "cartouchards" de l’Université Cheikh Anta Diop et l’Etat verse, en contrepartie, une subvention annuelle qui correspond à 60% du montant des frais de scolarité.
Il me propose alors une visite des locaux que j’accepte volontiers. Après avoir parcouru plusieurs salles de classes, je ne voyais toujours pas de studio télé ou de radio. Devant mon inquiétude, mon guide tente alors de me rassurer : « On a estimé que ce n’était pas nécessaire car les étudiants, si ils le souhaitent, peuvent à leurs heures libres aller pratiquer dans les organes de la place. » Je lui demandai alors s’il existait un partenariat entre l’institut et des organes de presse ? « Non, d’habitude il n y a pas de problèmes, ne t’en fait pas ! », me répond-il.
A la fin de la visite, je quitte mon hôte en lui promettant de revenir très bientôt pour le versement des frais d’inscription. Sur le chemin du retour, une question, qu’à vrai dire je n’ai pas eu le courage de poser au monsieur, me brulait mes lèvres. Comment une formation en journalisme peut-elle se faire avec seulement de la théorie ?
Youssouph Bodian
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Par MG