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Qui sont ces imams révoltés ?

Mercredi 24/12/2008 | Posté par Ndèye Khady Lo

Depuis un certains temps, ils occupent l’espace médiatique à plein temps. Délaissant les mosquées pour la rue, les imams de Guédiawaye sont devenus des icônes de la contestation depuis leur marche contre la hausse des factures et la vie chère. L’affaire est inédite et occasionne ainsi un afflux médiatique sans précédent. Ndeye Khady a rencontré les "imams rouges"

Leur engagement se traduisait de manière passive dans leurs sermons qui avaient souvent un arrière goût de réquisitoire. Maintenant, ils ont été poussés hors des mosquées par ce qu’ils appellent « les abus de la Senelec » (Ndlr : la société nationale qui détient le monopole de la fourniture d’électricité au Sénégal). A l’avant-garde de la révolte populaire déclenchée dans la banlieue, les imams de Guédiawaye, une ville située au nord de la région de Dakar, sont loin de coller au portrait de l’imam classique. Des fonctionnaires à la retraite pour la plupart, ils maîtrisent tout des rouages administratifs et ont une conception de l’imamat aux antipodes des poncifs classiques.

Imam de la mosquée de la cité Hamo 4, Youssoupha Sarr, reçoit dans l’intimité de son salon avec une simplicité déconcertante. Coordonateur et porte-parole du Collectif des résidents des quartiers de Guédiawaye, l’imam Sarr a été un révolutionnaire dans une autre vie : en 1968, l’année de la révolte universitaire, il a été meneur de grève au lycée Peytavin de Saint-Louis, sa ville natale. Originaire du quartier populaire de Guet Ndar, l’imam Sarr se définit comme « un faux doux qui se plait dans l’adversité. » Agé de 61 ans, cet ancien gestionnaire des établissements publics formé au Centre de formation et de perfectionnement administratif (Cfpa équivalent de l’actuel Ena), à l’avant-garde du mouvement de révolte de Guédiawaye, s’exprime dans un français très correct. Interpellé sur les critiques essuyées par leur mouvement, il explique : « la perception de l’imamat au Sénégal doit changer. L’imam doit avoir une profession et non plus se contenter de dons. Les Imams doivent se mettre au service des populations et ne doivent pas seulement être cloîtrés dans les mosquées. Nous sommes en train de mener des actions citoyennes et jouons un rôle de sentinelle pour préserver la paix sociale. Nous sommes là pour recueillir les revendications des populations et mettre la pression sur les autorités pour que le problème soit réglé. Les personnes qui estiment que notre combat est en déphasage avec l’islam se trompent de bonne foi ».

L’imam Mouhamadou Lamine Diop est, avec son collègue l’imam Sarr, l’un des membres du collectif les plus en vue. D’une hargne qui frise la colère, il s’adresse à la presse sur un ton où se lit sa détermination à aller jusqu’au bout. Né à Dakar en 1957, il a été brigadier chef de police après des études au lycée Delafosse. Imam depuis 1987, M. Diop estime que « l’imam est un dirigeant qui aide les gens sur tous les problèmes qu’ils rencontrent. Qui les soutient, comme Dieu l’a prescrit dans le Coran, dans les domaines spirituel et temporel, d’où notre action. » Cette conception explique leur engagement sans faille dans la cause sociale. Au sortir de leur audience avec le Ministre de l’énergie, il fait une sortie très énergique devant les journalistes : « Billahi [Ndlr : Au nom de Dieu], jamais je ne continuerai à payer de l’électricité si ça ne change pas. Je suis prêt à vivre dans l’obscurité et à renoncer à l’électricité. Jamais je ne vais payer l’électricité pour ne pas manger. J’appelle tous les sénégalais à nous suivre ». Ce mot d’ordre est en train d’être suivi. Leur appel a été entendu aux Parcelles Assainies, à Rufisque, à Pikine et même hors de Dakar, à Mbacké. C’est dire que les imams de Guédiawaye font des émules partout où les difficultés de la vie se font sentir.

Pour rappel, la révolte des enturbannés de Guédiawaye a emporté le directeur de la Senelec, Lat Soukabé Fall et fait prendre à l’Etat une série de mesures visant à régler la question du prix de l’électricité et de la régularité de la fourniture du service. Ils ont également tour à tour rencontré une délégation de députés, le Ministre de l’Energie et le Gouverneur de Dakar.  Affaire à suivre…

Ndèye Khady Lô

Ndèye Khady Lo -

Réactions des internautes

Anonyme
Vendredi 26 Décembre 2008, 22:35
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LE SENEGAL VERS UN ETAT ISLAMIQUE

La constitution d'un état islamique commence toujours ainsi.C'est bien.

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wallmark
Lundi 29 Décembre 2008, 05:32
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Re: LE SENEGAL VERS UN ETAT ISLAMIQUE
Tout pour les Imams;
Normal si le pouvoir civil est partout en échec

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