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Recettes anti crise
Mardi 14/04/2009 | Posté par Papa Keita
Les ménages souffrent bel et bien des effets de la crise économique. Ils sont obligés de revoir leurs modes de vie pour mieux les adapter à la situation actuelle en attendant des lendemains meilleurs
Alors qu’elle a ses origines aux Etats-Unis, la crise économique s’est propagée un peu partout dans le monde, notamment sur le continent africain. Affectant les ménages pris dans la spirale inflationniste des prix des denrées de première nécessité, en dépit des effets d’annonce et des batteries de mesures censées amortir les effets. Depuis les émeutes de la faim, dans certaines capitales africaines, du Caire à Dakar, d’Abidjan à Ouagadougou, la situation n’a guère vraiment évoluée. Du cadre moyen aux simples ouvriers, les revenus n’arrivent plus à couvrir toutes les dépenses à chaque fin du mois à moins de contracter des crédits auprès des commerces du quartier.
« Avant l’avènement de la crise, je parvenais à faire des économies sur ce que je gagnais. Actuellement, c’est chose impossible », témoigne Daouda Sy, la quarantaine, vendeur de carte de recharge électronique pour téléphone portable. A côté de ce petit boulot, notre interlocuteur officie en tant que cuisinier dans une société de la place afin d’arrondir ses fins de mois. Il confie qu’avant l’inflation, il payait son loyer à 12 500 Francs Cfa (19 euros), aujourd’hui il lui faut casquer le double. Idem pour l’électricité. Là, où il déboursait 1500 Francs Cfa (2,20 euros), sa facture est passée du simple au triple. « La situation économique pendant ces deux ans, nous a complètement enfoncés dans la pauvreté », fulmine-t-il avant d’ajouter que « les ménages ne vivent plus, mais essayent seulement de survivre en se serrant la ceinture. »
Si Daouda proteste contre les prix du loyer qui ont considérablement grimpé, le vieux Moustapha Ndiaye, se plaint de la cherté de la vie et regrette un passé récent où avec son salaire mensuel il couvrait tous ses frais. Avec 1500 Francs Cfa, il pouvait assurer toutes les dépenses quotidiennes, tel n’est plus le cas, avoue-t-il. Pour faire bouillir la marmite quotidienne, il est obligé de décaisser 2500 à 3000 Francs Cfa (3,80 à 4,40 euros). Il invite ses compatriotes sénégalais à un retour à nos valeurs traditionnelles pour faire face à la crise économique et alimentaire. Il encourage la promotion des produits locaux et conseille de délaisser peu à peu les denrées importées qui nous coûtent excessivement cher. Il donne la recette concrète en ces termes : de la bouillie de mil pour un consistant petit-déjeuner et le soir, du couscous, toujours à base de mil, pourra faire l’affaire à ses yeux.
Mais, ce qui a exacerbé le plus les effets de la crise sur les ménages, c’est qu’il n’y a eu aucune mesure pour permettre aux travailleurs d’accroitre leurs salaires. En langage économique cela veut dire que les prix ont pris l’ascenseur au moment où les revenus ont emprunté les escaliers. Menant la majorité à tirer le diable par la queue. Si les cadres moyens parviennent encore à assurer trois repas quotidiens, d’autres par contre n’ont pas le choix de se limiter à deux repas par jour. Un petit luxe peut être de resservir, le soir, les restes du repas de midi, histoire de se mettre quelque chose sous la dent pour ne pas aller au lit le ventre vide.
La grande interrogation pour ces nombreux ménages n’est pas de savoir à quand la fin de cette crise afin de retrouver une vie normale mais, plutôt de savoir pourquoi ils payent les pots cassés par d’autres qui sont à des milliers de kilomètres d’eux ?
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Par MG