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Repose en paix, cher Professeur!

Mercredi 21/10/2009 | Posté par Aicha Senghor

Alioune Touré Dia, professeur de télévision au Centre d'Etudes des Sciences et Techniques de l'Information (CESTI), est décédé ce mercredi 07 octobre des suites d'un malaise.

 

Je n’en reviens toujours pas. «Alioune Touré Dia, prof de télé est décédé», voici le message que je lisais sur mon téléphone portable alors que j’étais en plein forum au Méridien. Mon sang n’a fait qu’un tour et aussitôt les larmes me montèrent. Et une kyrielle de souvenirs de l’homme commencent à défiler dans mon esprit. Un professeur extrêmement dévoué à sa tâche, un ami d’une extrême gentillesse, posé, sociable et soucieux du bien être de ceux qui l’entourent. Les mots ne suffiront jamais pour parler de sa bonté incommensurable.

 

 

Ah ! Quelle chance inouïe d’avoir bénéficié de son talent, nous, la dernière promotion qu’il a eue à enseigner et à qui il disait souvent: «vous travaillez bien. Vous êtes une promotion qui promet». Hélas, il ne verra jamais ce succès que nous lui promettions. Il ne cessait de nous encourager avec des «c’est bien», ou encore «c’est très bien» qui nous motivaient davantage. En quelques mois, M. Dia nous a fait aimer la télé et l’amour qu’il a fait naitre entre ce média et nous était si fort que nous étions surexcités de nous rendre chaque vendredi matin au studio pour enregistrer une brève. Et une fois sur le plateau, il nous livrait mille et un enseignements. Comment se tenir face à la caméra, la manière de s’assoir, de poser les mains, de regarder la caméra, de s’habiller, etc. Tout cela lui tenait à cœur et il n’hésitait pas à nous faire gentiment des reproches si l’on dérogeait à l’une de ces règles. Ah «Topo» ! Comme on aimait l’appelait tendrement, parce que c’était son tic. Comment parler de lui brièvement avec tant de souvenirs qui paradent?

 

 

L’excès de gentillesse était son péché mignon, il nous acceptait en cours à n’importe quelle heure, quoi de plus indulgent ? Nous profitions de cette indulgence à en exagérer, emportés par notre nonchalance des fins de semaine, mais il savait nous rappeler gentiment à l’ordre. «L’heure, c’est 8h, mais vous avez un quart d’heure de marge», nous disait-il. Ce souci de ponctualité chez lui n’est point étonnant puisqu’à 7h, il était déjà en classe. Je me souviens du seul et unique jour où il est venu en retard, et ça lui faisait tellement mal qu’il s’en excusait toutes les 5 minutes. Et comme des gamins face à leur père, nous en rions, et il prenait du plaisir à nous faire compter le nombre d’années écoulées entre 1986 et 2009. Vous savez pourquoi? Pour nous dire que depuis 23 ans de fonction, c’était la 1ère fois que cela lui arrivait. Je me souviens aussi, une fois, il nous avait donné des exercices et nous avions besoin de beaucoup de feuilles blanches pour le faire. Et lorsque nous lui avons di que nous n’avions pas de feuilles, il s’est donné la peine de monter au secrétariat pour nous en chercher. Malgré son état se santé fébrile.

 

 

«Topo»  se faisait du souci pour tout le monde. Je me souviens aussi du jour où j’ai mis un collier ras de cou avec des fils fins, presque invisibles, il m’a demandé si je m’étais blessée car il ne voyait que de petits points noirs (les perles), qu’il avait certainement pris pour des cicatrices. Et lorsque je lui ai di que c’était un collier, il m’a alors dit : «ah d’accord! D’accord ! D’accord !, je pensais que c’était un topo». Il arrivait aussi qu’il interpelle un étudiant en plein cours juste pour lui demander s’il allait bien. Et lorsque quelqu’un de la classe s’absentait pour maladie, au retour, il l’interpellait presque chaque à quart d’heure pour lui demander s’il allait mieux. Ce qui nous faisait toujours rire.

 

 

Il tenait beaucoup à la perfection avec un cours vraiment riche qu’il nous livrait et voulait en retour un travail bien fait, s’attardant sur le moindre détail imparfait. Quelque soit le pied avec lequel on se levait, notre humeur du jour, il n’y a pas moyen de faire cours avec notre «topo» que l’on chérissait tant sans nous égayer. Tellement on le prenait pour notre cinéma.

 

 

Autre chose qui m’a marquée, c’est que là où certains professeurs ont du mal à retenir les noms des étudiants, ou même les reconnaitre, lui, par contre nous reconnaissait autant que nous étions et mieux, ceux qui comme moi ont des noms kilométriques, avec 3 ou 4 prénoms, il retenait tout et prenait du plaisir à nous interpeller par nos noms en entier.

 

 

«Monsieur vous êtes bien habillé», lui disait-on souvent et à chaque fois il nous retournait la même réponse: «j’ai toujours été comme ça et je le serai toujours inchallah [s’il plait à Dieu]». Ceci dit, il était un homme élégant aussi bien dans ses boubous traditionnels que dans ces costumes.

 

 

Tant de souvenirs, tant de nostalgie déjà, car nous avons vécu de trop beaux moments avec lui. Au dernier jour de cours, l’on se disait au revoir, l’on se souhaitait de bonnes vacances et l’on se donnait rendez-vous pour l’année prochaine. Hélas ! Qui aurait pensé que ces «au revoir» étaient des adieux ? Personne, ni nous, ni même toi professeur, seul le tout puissant savait.

 

 

Et maintenant qu’il a choisi de te rappeler, nous n’avons plus que nos yeux pour te pleurer et regretter le si peu de temps qu’on a passé avec toi. Mais si riches en enseignements. Repose en paix, cher Monsieur. Nous sommes fiers de toi et sache que nous te garderons à jamais dans nos cœurs et dans notre mémoire.

 

Aïcha Senghor

Aicha Senghor -

Réactions des internautes

Anonyme
Vendredi 23 Octobre 2009, 20:12
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Je confirme tout ce que tu dis dans cette article, etant un de ses nombreux etudiants au CESTI. C est une grande perte pour notre ecole. Qu ALLAH Le Tout Puissant l accueille dans Son Paradis pour tout ce qu il a fait pour nous. AMIN

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Aida Dia
Vendredi 23 Octobre 2009, 20:56
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Re:
Nous lui devions vraiment cette hommage . Un professeur d'une extrème gentillesse. Il  nous a en effet fait aimer la télé . Je revois encore ces cours. Il insistait sur une leçon liée au choix de l'information (interêt , proximité et je sais plus quel critère encore.  Il m'a appris à hierachiser l'information. A vrai dire tout ce que je sais sur l'écriture en télévison ,  je le tiens de lui. Mon nom , il ne l'a jamais oublié. C 'est Dia n'est ce pas ? me demandai t-il le sourir aux lèvres quand on se rencontrait dans le hall de l'ecole. Aujourd'hui il n'est plus. Que la terre lui soit légère. Et que le bon dieu le couvre de sa méséricorde. Rest in peace professeur ! nous ne t'oublierons jamais.

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