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Sale temps pour la presse sénégalaise
Mercredi 30/09/2009 | Posté par Papa Keita
Le groupe de presse Walfadjiri a subi une attaque de rare violence suite à un article publié dans son quotidien du vendredi dans lequel un frère du marabout serigne Modou Kara a répondu de façon salée à son frère aîné, qui voulait que le président Wade soit élu à vie. Une agression qui montre la fébrilité de la liberté de la presse au Sénégal
Après les agressions des quotidiens l’As et 24h chrono, le paysage médiatique a renoué avec les scènes de violence d’un autre âge, qui n’honore pas le pays. Le groupe Walfadjiri, une maison de presse privée, qui comporte une télévision, une radio et un journal, établie au Sénégal depuis plus de vingt ans a reçu la visite d’agresseurs qui ont exercé sur le personnel sur place une violence inouïe. Locaux saccagés, matériels bousillés, le groupe Walf a connu un vendredi noir pendant que les fidèles musulmans sacrifiaient à la prière du vendredi.
«J’étais à la réception et j’ai vu des gens venir vers moi. Ils m’ont donné des coups avant de m’envoyer par terre», témoigne Souleymane Kâ, le premier à subir la furia des agresseurs supposés être des fidèles de Serigne Modou Kara, un guide religieux. Tout est parti d’un article paru dans les colonnes de Walf quotidien, dans lequel Serigne Modou Kara, appelait à ce que Abdoulaye Wade, soit élu président à vie. Il s’en est suivi une réplique d’un de ses demi-frères cadets, Mame Cheikh Thierno Birahim Mbacké Niang, pour démolir les propos de son frère aîné. C’est cet article qui a provoqué la mésaventure des journalistes de Walf.
Pour Sidy Lamine Niasse, président du groupe Walfadjiri, cette agression porte la signature des autorités de l’Etat, qui en veule à son groupe, parce qu’il dérange. Pour l’heure, il n’a pas décidé de porter l’affaire devant les juridictions compétentes, parce qu’à ses yeux, l’affaire est assez édifiante. C’est plutôt la justice qui doit se saisir de cette affaire. D’ores et déjà, les supposés commanditaires commencent à défiler dans les locaux de la Dic( Division des investigations criminelles). Et les auteurs activement recherchés par la Police. Cette énième agression met au goût du jour la défense assez précaire des journalistes dans l’exercice de leur métier. Car comment peut-on expliquer que des agresseurs s’en prennent à de pauvres journalistes désarmés, sans qu’il n’y ait de suite. Il y a eu des antécédents et tout porte à croire que cette agression finira dans les tiroirs poussiéreux de la justice.
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Par Anonyme