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Salémata/Dindéfelo : La FKA s’engage pour l’environnement et la cause des femmes

Vendredi 17/12/2010 | Posté par Gata Doré

La fondation Konrad Adenauer (FKA) était ce weekend dans la région de Kédougou. Elle a appuyé la tenue de deux séminaires de formation respectivement sur la protection de l’environnement à Salémata et sur les violences faites aux femmes à Dindéfelo.

De Dakar à Kédougou distant de 701 km, le relief ne laisse pas indifférent. Deux régions, deux paysages qui se contrastent fortement. La première région [Dakar] et ses  environs se distinguent par un relief plat de sable avec une flore clairsemée tandis que la seconde [Kédougou] s’impose par son paysage accidenté (montagnes, collines…) au sol latéritique avec une végétation touffue et verdoyante toute l’année et ce, en dépit de l’ensoleillement qui constitue le point naturel commun entre les deux contrées.

Un contraste paysager dont le parcours en voiture est entrecoupé de temps à autre par la rencontre surprenante des troupeaux de singes ou de jeunes phacochères errants. Ce voyage procure du plaisir ! Sauf qu’il est  interrompu par les feux de brousse et les sols calcinés qu’on voit par endroits tout le long de la route en ce début de saison sèche. Un phénomène tout à fait incompréhensible pour Dr Gehrold, le Représentant résident de la FKA, qui était à sa première visite dans la région. Il n’a pas manqué d’exprimer sa désolation et son inquiétude devant ce spectacle de destruction écologique. 

« Feux de brousse, déforestation à travers le défrichement abusif et anarchique et la récolte des vins (palme, raphia et rônier) », telles sont les thématiques qui étaient au menu du séminaire à Salémata, un département situé à plus de 80 km de Kédougou. Elles constituent à part entière les problématiques environnementales majeures récurrentes dans la localité. Elles ont été débattues dans une approche participative et un climat de cordialité et de communion.

A l’ombre bienfaisante des manguiers du centre de formation polyvalent des Bassaris, une trentaine d’acteurs (responsables administratifs, coutumiers, confessionnels, producteurs et paysans) venus aussi des villages, ont bénéficié de la formation. Les femmes ont marqué le séminaire par leur présence massive et leur contribution édifiante aux échanges.

Il a été constaté à partir des travaux et discussions, que les participants connaissent ces problèmes environnementaux, leurs causes, les conséquences directes et quelques solutions idoines à leur éradication. Mais les habitudes, la pauvreté et parfois l’ignorance sont malheureusement à l’origine de l’agression persistante dont l’environnement fait l’objet à Salémata. Et  le lieutenant Traoré, le formateur dudit séminaire, a interpellé les uns et les autres à peser le danger qui guette toute la région si les ressources naturelles (principale richesse des populations) arrivaient à se raréfier ou à disparaitre. Un questionnement qui a frappé la conscience des séminaristes qui ont apprécié la qualité des enseignements. Alors, l’invite était aux initiatives d’organisation, de mobilisation, au changement de mentalités et des techniques culturales (et défaut la pratique des pare-feux a été recommandée) et surtout au respect des principes et lois qui régissent la communauté (désormais une demande doit être adressée aux autorités compétentes pour acquérir et défricher une portion de terre) dans l’exercice de toute activité. La sensibilisation a été identifiée comme le premier moyen le mieux indiqué pour relever le défi de la protection de l’environnement.

Le Représentant de la FKA, sa femme et son adjointe Mme Bocandé, ont été déclarés citoyens d’honneur de Salémata. Cette marque de sympathie et de reconnaissance a fortement ému Dr Gehrold qui a d’ailleurs réitéré l’engagement de son institution à assister dans l’avenir les populations de Salémata et villages environs dans leurs efforts de développement. La délégation a mis son séjour à profit pour s’imprégner des réalités culturelles et sociales de certains quartiers et villages. Ainsi, elle a visité le chantier de construction en dur de trois salles de classe à Bodar, un quartier de Salémata, par l’Association Bassaris d’Aide au Développement (ABAD), une ONG basée en Allemagne et créée par sept jeunes volontaires allemands amis et amoureux du pays Bassaris. La visite s’est étendue à la galerie d’arts d’Ethiolo et à Egatch où la délégation a assisté nuitamment à la danse d’initiation Bassaris. Ces deux villages Bassaris sont à la périphérie de Salémata. L’enclavement, le manque d’infrastructures sanitaires de proximité et d’eau potables sont autant de problèmes cruciaux dont souffrent surtout les populations des villages encaissés.

Dindéfelo, une localité située au pied des montagnes, à quelques encablures de la République de Guinée, a accueilli à son tour la FKA. Le séminaire qui s’y est tenu, portait sur les violences basées sur le genre. Il a permis aux femmes de cette localité habitée majoritairement par les peuls et de surcroit musulmans, d’identifier les types de violences (psychologiques, physiques, sexuelles) dont elles sont les victimes effectives et potentielles. Elles ont également appris les moyens de se défendre contre ces pratiques moyenâgeuses à travers la dénonciation et le plaidoyer. Ce séminaire bien que destiné aux femmes, n’a pas connu la participation des hommes qui se sont éclipsés dès après la cérémonie d’ouverture. 

Dindéfelo, c’est aussi le paysage qui envoûte. Des montagnes et la forêt verdoyante qui s’étendent à perte de vue. Des cascades et chute d’eau. Des « merveilles » qui ont fait de la localité, une destination touristique de renom national et international.

Pour rappel, la Fondation Konrad Adenauer du nom du premier chancelier allemand, est présente au Sénégal depuis 1966. Elle entretient un partenariat fructueux  avec le Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI) de Dakar, une école de journalisme panafricaine. Ce partenariat se matérialise par la coédition d’un ouvrage annuel intitulé « Cahiers de l’alternance » fait par des étudiants journalistes. Elle octroie également des bourses d’études de deux ans, à quelques étudiants du CESTI toutes nationalités confondues.



Pépé Guilavogui


Gata Doré -