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Ségo, l’anti Sarko

Vendredi 10/04/2009 | Posté par Papa Keita

C’est le temps des réconciliations à tout azimut. Comme Obama le fait avec le monde arabe, Ségolène prêche la bonne parole et prône la réconciliation entre l’Europe et l’Afrique. Après "le Discours de Dakar" de Nicolas Sarkozy en juillet 2007, Ségolène Royal, une figure de proue du socialisme, entend symboliser l’anti-sarkozysme jusqu’en terre africaine

On peut la caricaturer comme étant une femme exigeante, cassante, voire ambitieuse, mais une chose demeure constante : c’est que Ségolène, la fille de Ouakam (nom de son quartier natal à Dakar), comme elle se définit affectueusement, a le sens de l’opportunité politique. Elle sait la saisir à chaque fois que le besoin \de ravir la vedette à ses adversaires se fait sentir. Le plus célèbre d’entre eux n’est autre que Nicolas Sarkozy, son éternel rival.

Entre les deux personnages, la rivalité n’est plus locale, elle est actuellement à l’échelle internationale. Des accrocs entre responsables politiques français, en terre africaine, ça n’arrive pas tous les jours. En tenant son discours-réponse, à la maison du Parti Socialiste sénégalais, Ségolène montre à qui veut l’entendre qu’entre elle et Sarkozy l’opposition n’est pas seulement d’ordre idéologique, bloc contre bloc, droite-gauche, mais aussi sur le réflexe très souvent paternaliste que l’ancienne puissance continue de cultiver subtilement sous les oripeaux d’une françafrique de bazar dont l’acte de décès tant annoncé tarde à se matérialiser sur le terrain des relations.

Avec beaucoup de finesse et de candeur, d’ironie et d’agressivité, Ségolène Royal a démonté, pièce par pièce, le discours controversé de Sarkozy, « l’homme africain qui n’est pas suffisamment entré dans l’histoire », prononcé le 26 juillet 2008, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, devant un public cueilli presque à froid. Deux ans après, l’ex-candidate socialiste à l’Elysée est revenue dans la ville du "malentendu" pour corriger la copie de Sarkozy. Et de quelle manière ! En puisant dans le registre imaginaire, de tout ce que le continent, compte comme intellectuels. De Léopold Sédar Senghor avec ses théories sur la négritude pour ce qui est de l’Afrique de l’Ouest à Cheikh Anta Diop avec ses travaux sur l’Egypte qui continuent de faire école selon elle, en passant par le très charismatique Patrice Lumumba pour ce qui est de l’Afrique Centrale. Mais aussi, des symboles de la lutte pour la reconnaissance de l’authenticité de la civilisation africaine tels que Martin Luther King et Aimé Césaire, pour ce qui est de la diaspora africaine.

Ségolène avait bien mûri son coup et elle l’a bien exécuté. Pour avoir prononcé le mot que Sarkozy se refuse à prononcer : la repentance. Repentance pour tous les méfaits de la colonisation sur le retard de l’Afrique. La native de Ouakam a sorti le mot qui fâche. En reconnaissant l’apport du continent noir à travers ses bras les plus valides dans l’édification de la société française pendant les années de braises. Une vraie opération reconquête orchestrée avec une époustouflante maestria. Alors que le Président français peine à conquérir le coeur des africains. Ceci, depuis l’époque où, il était Ministre de l’intérieur avec sa controversée politique d’immigration choisie qui raisonne encore mal dans l’oreille des jeunes africains qui n’ont connu du miracle français que les nombreux refus de visa et les expulsions « charterisées ».

D’ores et déjà, Ségolène semble déclencher les hostilités pour les échéances électorales de 2012 en marquant à la culotte sa cible favorite. Pas de répit au plan intérieur, ni extérieur, pour elle. En apportant la bonne parole partout où les faits et gestes du président Sarkozy ont connus des failles. Et comme elle aime les brèches, elle s’y engouffre à chaque occasion que ses adversaires les lui ouvrent au point de parfois donner l’impression d’en abuser. L’étape de Dakar ne semble être qu’un maillon de son agenda secret. Elle n’a pas hésité, au plus fort de la crise des Dom Tom, à se rendre aux Antilles pour écouter et ausculter la grogne des populations locales. En mettant toujours sa posture de présidentiable aux yeux de ses concitoyens et du reste du monde. Et dire que beaucoup d’observateurs avaient prédit qu’elle s’émousserait après ses revers successifs à la présidentielle de 2007 et à la conquête pour le contrôle du Parti Socialiste français. Que ses adversaires de l’UMP et camarades du Parti Socialiste se le tiennent pour dit, le discours de Dakar, au-delà de l’aspect idéologique qu’il porte, a un vrai parfum électoraliste destiné à vendre la nouvelle vision de cette icône incontrôlable de la vie politique française.

Après que les lampions se sont éteints du côté de Dakar, attendons de voir les prochains développements du côté de l’hexagone. Il y aura-t-il une réplique à la hauteur de la provocation ? Où bien Nicolas Sarkozy continuera à dire qu’il ne fait pas dans la polémique alors qu’il n’est pas du genre à ravaler sa casquette ?

Papa Keita -

Réactions des internautes

walkmindz
Vendredi 10 Avril 2009, 11:53
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Ségo trip
 Le but d’un représentant français en Afrique est de garantir le statut séculaire de la francophonie industrielle dans la région, quitte à la stabiliser et d’apporter un semblant d’idéal exotique dans une machinerie continentale contrainte à une efficacité urgentiste qui ne laisse que peu de place à la poésie politique.

 

Chaque président français a sa manière de consommer l’Afrique.
Si l’on observe l’histoire récente, on peut constater une rupture, l’actuel élu du peuple préfère manger sur place afin d’éviter les agents dormants alors que son prédécesseur optait pour le doggy-bag et poussait même la coquetterie jusqu’à en faire un musée.

 

Le principe de la visite officielle a aussi comme vertu de stimuler le secteur culturel.
Les historiens, les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme et les troubadours en tout genre peuvent mettre à disposition des idées apparemment philanthropes, mais bon marché.La suite :

http://souklaye.wordpress.com/2009/03/26/bloc-note-tintin-en-afrique/

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